Casino, épicier sans frontières

Repères

1948
L’épicerie historique de Saint–Étienne est transformée en libre-service

1959
Apparition de la DLC, la date limite de consommation, sur les produits

1960
Premier supermarché français à Grenoble

1967
Première cafétéria à Saint-Étienne

1970
Ouverture du premier hypermarché Casino à Marseille la Valentine

De l’énergie à revendre et à économiser

Vert, Casino l’est doublement avec sa filiale Green Yellow. Cette société couvre de panneaux photovoltaïques les parkings et les toitures de magasins, à La Réunion, à Mayotte et dans le sud de la France. Aujourd’hui, 45 installations solaires sont en exploitation pour une puissance installée de 78 MW, ce qui évite le rejet de 5 250 tonnes de CO2 chaque année. Green Yellow s’intéresse aussi à d’autres énergies renouvelables, comme celles issues de la biomasse, et à la valorisation des déchets des magasins. Il participe à l’optimisation énergétique des points de vente. Avec une réduction
de 15 à 25 % de la facture énergétique, réalisée essentiellement sur l’éclairage et les armoires frigorifiques.

En chiffres

48,6
milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2014

60 %
du chiffre d’affaires à l’international

329 000
collaborateurs dans le monde

1er
employeur privé au Brésil et en Colombie

52 %
des salariés sont des femmes

133 000
employés ont moins de 30 ans

14 056
magasins dans le monde

N° 1
du commerce numérique en France et en Colombie

Facebook Twitter

Casino, épicier sans frontières

Tout a commencé au XIXe siècle avec Geoffroy Guichard, un fils d'épiciers foréziens qui prit modèle sur Félix Potin. Le distributeur stéphanois reste le premier groupe privé de la région Rhône-Alpes avec 14 000 magasins dans le monde, 329 000 employés en France, en Europe, sur le continent américain et en Asie.


Dès la fin du xixe siècle, Geoffroy Guichard s’inspire du Parisien Félix Potin et trouve la martingale du commerce de proximité en ville : il quadrille méthodiquement Saint-Étienne de succursales à l’enseigne Casino, ciblant en particulier les angles de rue pour implanter ses magasins.

À 21 ans, ce fils d’épiciers foréziens et sa femme, Antonia Perrachon, gérants d’un magasin à Veauche, jettent leur dévolu sur un ancien casino lyrique dans le centre de Saint-Étienne. Les lieux évoluent au fil de l’histoire du groupe, de magasins en cafétérias. En 1904, le jeune entrepreneur dépose la marque Casino au registre de commerce pour « mieux désigner les marchandises sortant de notre maison » : elle devient ainsi la première marque distributrice au monde.

Trois figures

Geoffroy Guichard est l’un des trois dirigeants emblématiques de la saga du principal groupe privé rhônalpin, qui a conservé son siège social dans la région. L’accroissement rapide des ouvertures de succursales et de concessions – près de 650 en 1914 ! – s’accompagne de la création d’entrepôts et de fabriques avantguerre, puis d’une chocolaterie, d’une liquoristerie, d’une menuiserie, d’une limonaderie, de la fondation d’un journal dès 1901, mais aussi d’une moutarderie, d’une confiserie, d’une charcuterie, d’une usine de lessive sur le site de  Pont-de-l’Âne à SaintÉtienne. Ces usines ont toutes été fermées, transférées ou rachetées depuis.

« La fortune n’est pas un but, affirme le fondateur de Casino. Quand on l’atteint, on ne peut en jouer sans remords qu’à la condition de remplir les obligations qu’elle impose. » L’action sociale du groupe est marquée par la naissance, au début du xxe siècle, d’une caisse de prévoyance et d’assurances décès, d’une société de secours mutuels, de cités-jardins, d’allocations familiales et, dès 1916, d’une participation aux résultats. Pour les Stéphanois, le nom de Geoffroy Guichard reste associé à la construction du stade qui porte son nom et la couleurde l’entreprise, et également à la création du club de l’Association sportive de Saint-Étienne, en 1933. Autre figure de la mue nationale et internationale du distributeur : Antoine Guichard. Il a incarné pendant une quarantaine d’années l’héritage de son grand-père, d’abord simple employé puis comme associé gérant de la société. À l’image du logo du groupe, longtemps symbolisé par un épicier stylisé tenant une balance dans une main et un globe dans l’autre, il a accéléré le déploiement de l’enseigne aux États-Unis, en Pologne, en Asie. Il a racheté les réseaux de la Cédis et de la Ruche méridionale puis intégré les magasins Rallye. Ce libéral à la fibre sociale fut aussi l’un des premiers grands patrons à signer  un accord de  financement des syndicats.

Après la tentative manquée d’OPA de Promodès en 1997, il transmet les rênes de la société à Jean-Charles Naouri, principal actionnaire de Rallye. Cette nouvelle page, l’ancien directeur de cabinet du Premier ministre Pierre Bérégovoy, l’a tournée sans renier les racines stéphanoises du distributeur : son nouveau siège a été construit dans le quartier d’affaires de Châteaucreux, à quelques centaines de mètres des bureaux historiques des « Établissements économiques du Casino Guichard-Perrachon ».

Une responsabilité sociale en question

En prenant le contrôle de Leader Price, de Franprix, puis de Monoprix, en devenant le premier employeur privé du Brésil avec le rachat du groupe GPA, en accélérant sa mutation numérique avec Cdiscount, Casino s’est imposé comme l’un des premiers distributeurs français. Cette réussite n’est pas toujours partagée, notamment par certains gérants de supérette qui s’estiment « corvéables à merci », ne comptent pas leurs heures entre les rayons et derrière le comptoir, pour un revenu inférieur au smic.
Le groupe met en avant sa responsabilité sociale d’entreprise avec, notamment, la signature d’une charte de la diversité, un premier bilan carbone de ses activités commerciales, logistiques et de restauration en 2004 et la signature du plan Espoir banlieues en 2008. Ces multiples actions ont débouché sur la signature d’un accord avec quatre organisations syndicales en mai 2014 : il prévoit entre autres la mise en place d’une charte de lutte contre les discriminations et une charte d’engagement avec les producteurs locaux.

De nouveau industriel

Retour à l’usine pour Casino : le groupe va racheter la société Gastronome et son unité de préparation et de conditionnement de volailles dans la Sarthe, une filiale du groupe Terrena menacée de fermeture. Avec Gastronome, Casino entend assurer dans un délai de deux ans une majorité de ses besoins en
volailles, avec un volume annuel de 7 500 tonnes. Il s’est engagé à investir plusieurs millions d’euros dans l’outil de production et à reprendre l’intégralité des 159 employés du site sarthois, qui ne seront donc pas licenciés. 

Pour le distributeur stéphanois, cette reprise confirme l’infléchissement de sa politique d’approvisionnement. Dans les années 1990, le groupe s’était séparé ou avait fermé progressivement toutes ses activités industrielles pour se recentrer sur son métier de distributeur. En 2013, il a déjà pris le contrôle d’une autre entreprise de transformation de viande en Haute-Garonne qui fournit en pièces de boeuf, d’agneau, de veau et de porc les magasins de Franprix et de Leader Price, deux autres de ses enseignes.