Espèces menacées

La cistude, une tortue très menacée

Malgré sa carapace qui rappelle un galet gris et dur, la cistude d’Europe est une espèce très menacée.

Cette petite tortue d’eau -elle ne dépasse pas 20 cm- vit dans les zones humides, lacs et lones, et affectionne aussi les prairies plus « sèches » pour y pondre.

Elle souffre de la destruction ou de la fragmentation des ces milieux, quand une route apparait, qu'un cours d’eau est modifiée. Depuis une dizaine d’années, elle subit aussi la concurrence de sa vorace cousine de Floride, relâchée dans la nature par des particuliers mal avisés.

Depuis 2000, le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Savoie a ainsi réintroduit une centaine de cistudes dans le lac du Bourget et le Haut-Rhône.

A voir : le magnifique webdoc pour « se mettre dans la peau d’une cistude »

L'apron du Rhône

Peu connu des pêcheurs, l'apron du Rhône, zingel asper, vit historiquement dans le bassin du Rhône. Immobile au fond de l'eau, ses nageoires pectorales le stabilisent sur les galets. Avec sa couleur grise et ses bandes brunes il passe inaperçu... Sauf la nuit : ses yeux reflètant la lumière permettent aux scientifiques de le suivre à la lampe torche. Espèce protégée, il est sur les listes rouges mondiales et nationales et bénéficie d'un plan national d'action : barrages et seuils ont détruit une partie de ses habitats naturels. Très sensible à la qualité de l'eau, une température trop chaude peut nuire à sa reproduction, déjà rare (une à deux fois dans sa vie).

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Des espèces menacées à la loupe

La liste des espèces menacées sont validées par des autorités scientifiques. En région Rhône-Alpes, il en existe deux : celle des vertébrés terrestres et celle des odonates (libellules).

La Ligue de Protection des Oiseaux a créé la liste des vertébrés terrestres : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères, en 2008, mise à jour en 2015.

Le groupe Sympetrum a établi la liste des odonates, les libellules en 2014.

Toutes sont validées par l'Union Internationale pour la conservation de la nature (qui a créé les listes rouges) et par le conseil scientifique régional de protection de la nature.
Une espèce est considérée comme menacée selon plusieurs critères : l'évolution des populations, leur fragmentation, leur densité, sa répartition sur le territoire, avant d'être classée par niveau de menace.

Sans aucune valeur juridique, ces listes sont des outils de connaissances. Elles permettent de faire un état des lieux de la faune et d'identifier les dangers qui pèsent sur les es-pèces. Mais elles servent surtout aux associations et collectivités à mettre en place des actions de préservation.

« Nous travaillons avec ERDF et RTE pour les aider à limiter l'impact de leurs lignes électriques sur ces populations d'oiseaux », détaille Julien Girard Claudon, de LPO Rhône-Alpes.

Un tiers des vertébrés recensés par LPO subit les conséquences de l'agriculture et de l'urbanisation. 30% des espèces d'odonates le sont également : « Le réchauffement climatique est leur première menace », développe Cyrille Deliry, coordinateur de la liste. « Les milieux changent, les libellules se déplacent mais les populations régressent », conclut-il.

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Le tetras-lyre, bel oiseau vulnérable

Randonneurs à raquettes : protégez le tétras-lyre, ne sortez pas des chemins balisés!

Le tetras-lyre, petit coq de bruyère, au plumage noir et blanc pour le mâle, brun-roux strié de gris pour la femelle , hiverne dans un igloo au pied des arbres. Ce qui le rend bien vulnérable. Principales menaces sur cet animal : la perte d'habitats favorables à la nidification et à l’élevage, la mortalité par collision avec des câbles de remontées mécaniques et les dérangements en hiver par les skieurs. La chasse, elle, est encadrée par des plans de prélèvements, réévalués chaque année en fonction du succès de la reproduction.

Le tétras-lyre fréquente surtout les landes à rhododendrons et les prairies des Alpes du nord, les forêts claires et les pré-bois de celles du sud. En 2009, il en restait 16 000 dans la partie française du massif alpin:  - 11% en dix ans!

En 2010, un plan régional d’actions pour protéger le tétras-lyre a été initié en Rhône-Alpes par de nombreux acteurs et animateurs d'espaces naturels, puis lancé par l'Etat et le Conseil régional, qui en ont confié l’animation à l’Observatoire des galliformes de montagne. Ses actions s’inscrivent dans quatre thèmes -tourisme, pastoralisme et forêt, chasse et communication, et s’appuient sur les connaissances acquises lors du suivi de l'oiseau.

Le retour de la loutre d’Europe

Vulnérable à l’échelle mondiale, la loutre d’Europe était passée en France de quelques 50 000 individus début XXe, à un petit millier en 1970.  En cause, la dégradation des cours d’eau et la chasse, interdite en 1972.

En Rhône-Alpes, son retour date de 1990, avec une recolonisation de l’Ardèche, puis une avancée dans la Drôme, la Loire, l’Isère et le Rhône début 2011.

Si ce mammifère semi-aquatique souffre toujours de l’aménagement ou de la disparition des milieux humides, s’il ne se reproduit que lentement, il a la chance d’être solide et opportuniste, se nourrisant de poissons, mais ne boudant pas les crevettes, l’écrevisse et les petits oiseaux.

Autre chance : depuis son retour, la loutre est observée et protégée dans le cadre d’un réseau loutre qui réunit notamment la LPO ou la Frapna, le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche, la Cora ou l’école vétérinaire de Lyon, en lien avec les acteurs de l’eau. La loutre dispose en outre, depuis 2010, de son Plan régional d’actions dédié.