Rhône Alpes, terre de rugby

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Repères

  • 1890 : première section rugby créée en Rhône-Alpes, celle du Lycée Ampère de Lyon.
  • 1920 : création à Paris de la Fédération Française de Rugby.
  • 1953 : la première école de rugby en France est lancée au stade des Iris à Lyon.
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En chiffres

  • 3 comités de rugby dans la région : les comités du Lyonnais, des Alpes et de Drôme-Ardèche.
  • 44 055, le nombre de licenciés total en Rhône-Alpes, tous clubs de rugby confondus.
  • 187, le nombre de clubs en Rhône Alpes, toutes divisions confondues.
  • 2 clubs dans le Top 14 : FC Grenoble et Oyonnax.
  • 2 clubs en Pro D2 : Bourgoin-Jallieu et le LOU.

L'ovalie régionale en images

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Rhône Alpes, terre de rugby

Le rugby est loin d’être l’apanage du Sud-Ouest. En Rhône-Alpes, le dynamisme de certains clubs ne se dément pas, depuis les origines de ce sport collectif de contact devenu professionnel. Plongée dans la mêlée des clubs de la région.

« Rhône-Alpes compte autant de poteaux de rugby que de cages de football », affirme Jean-Marc Chérèque, le président du FC Grenoble. Moins médiatique que le football, le rugby peut compter sur un important vivier de joueurs : Sébastien Chabal ou Morgane Parra ont débuté à Bourgoin-Jallieu, les frères Camberabero firent les beaux jours du club de La Voulte (Ardèche). 
En 2014, le Comité de Rugby du Lyonnais comptait quelque 44 000 licenciés et se classait « au troisième rang national derrière l’Ile de France et Midi-Pyrénées », précise son secrétaire général Gérard Buathier. Aujourd’hui, le FC Grenoble et Oyonnax appartiennent à l’élite du Top 14, alors que le LOU et Bourgoin-Jallieu sont en Pro D2. « Il y a peu de régions aussi bien représentées en professionnel », note Gérard Buathier.

Le tissu économique, pilier du rugby amateur

C’est à la fin du 19ème siècle que naissent les premiers clubs dans la région. Les raisons sont multiples, mais se recoupent parfois.

A Grenoble, le rugby fait ses gammes l’année de création du premier championnat de France en 1892 sous l’impulsion de jeunes du lycée Champollion.

Le LOU (Lyon Olympique Universitaire) voit lui le jour en 1901.

En Haute-Savoie, à Rumilly, le ballon ovale apparaît avec l’installation du 11ème bataillon de chasseurs alpins en 1906.

Quel que soit leur début, les clubs s’appuient souvent sur un tissu économique pourvoyeur d’emplois pour leurs joueurs, sur des entreprises qui contribuent à pérenniser l’existence des clubs. La pratique de ce sport reste amateur jusqu’en 1995 avec des joueurs passionnés, motivés et prêts à s’entraîner en dehors des horaires de travail.
"A Rumilly, raconte Jean-Pierre Reynier, dirigeant actuel du club, ce sont les artisans et commerçants de la ville qui vont offrir des postes aux nouveaux arrivants, leur permettant de s’établir avec leurs familles."

Dans l’Ain, à Oyonnax, la création du club remonte à 1909 avec une association d’ouvriers. Le club est aujourd’hui présidé par des industriels de la ville.
Même constat pour le club ardéchois de La Voulte. La commune de 5 000 habitants attire grâce à une entreprise : Rhône Poulenc, le « Michelin de la Voulte », pour Jean-Luc Averous, président du club, originaire de Béziers. C’est en suivant son père, lui même joueur de rugby, que sa famille s’installe dans la région grâce à une opportunité de contrat dans le groupe pharmaceutique. Et c’est en partie grâce à cette bonne situation économique que La Voulte restera dans l’élite de 1952 à 1980 et remportera le bouclier de Brennus, consécration suprême, en 1970. Des années dorées qui s’expliquent également par une organisation du championnat de rugby un peu différente, moins élitiste, du Top 14 actuel.

Des emblemes

Sportivement, le succès tient aussi à la présence d’entraineur ou de joueurs emblématiques comme les frères landais Camberabero pour la Voulte ou Christophe Urios, coach d’Oyonnax pendant huit ans. Ce dernier a porté le club de la Plastics Vallée à son plus haut niveau, avant d’annoncer son départ cette saison. Depuis 2013, le club du Haut Bugey évolue dans le Top 14. Et tous les supporteurs sont unanimes, c’est à ce meneur d’hommes originaire de Montpellier que le mérite revient avant tout, la trajectoire ascendante d’Oyonnax s’accompagnant d’une transformation des infrastructures et d’un recrutement plus incisif.

Les défis du rugby professionnel

Car Oyonnax doit aujourd’hui faire sa place dans un rugby passé à l’ère des sports  professionnels. Un changement opéré dans les années 1980, se souvient Jean-Luc Averous à La Voulte. A l’époque, les clubs se déplacent dans l’hémisphère Sud face à des adversaires déjà eux-mêmes semi-pro. Ils rencontrent ce qu’il appelle des « mini sélections nationales » qui vont inciter les clubs à hausser le niveau de jeux et celui des joueurs, à les rémunérer afin qu’ils puissent se consacrer à l’entrainement et aux matchs. Dans ce contexte, la valeur financière prend de plus en plus d’importance.

Le FC Grenoble, un temps éloigné de l’élite pour cause de liquidation judiciaire, en a fait l’expérience. Le club a depuis revu son organisation. Une multitude de partenaires est désormais collectivement propriétaire du FCG qui a fait son retour dans le Top 14 depuis 2012. Pour faire face à ces défis, La Voulte s’est allié avec Valence pour créer le ROC (Rugby Ovalie Club) La Voulte-Valence en 2010 qui compte s’appuyer sur le bassin économique de la moyenne vallée du Rhône pour renouer avec son passé.

Mais face à des piliers du top 14, Toulouse, Clermont-Ferrand ou Toulon qui disposent de budgets de 35 à 25 millions d’euros, contre 16 millions pour Oyonnax par exemple, le match financier est de plus en plus disproportionné. Ce qui n’empêche pourtant pas le club du Haut Bugey de suivre une belle trajectoire. Signe que l’argent ne régit pas encore tout en terre d’ovalie.

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Pro du rugby, et après ?

Il y a une vie après le rugby et certains ont décidé de la passer loin des terrains sportifs.

Né à Valence, Sébastien Chabal s’est reconverti en homme d’affaires averti après une brillante carrière. Vente de matériel de sport, restauration, immobilier… l’international français a fait le choix de ne pas évoluer dans le monde du rugby, même s’il reste consultant pour la radio RMC, après avoir foulé pendant seize ans de nombreuses pelouses de Bourgoin-Jallieu à celle du LOU (Lyon Olympique Universitaire). Du haut de ses 31 ans, Fabien Gengenbacher n’est lui pas encore à la retraite. L’arrière qui évolue au sein du FC Grenoble pense pourtant déjà à sa reconversion. Il profite de son jour de repos hebdomadaire pour se former au sein d’une entreprise voironnaise.

Où sont les femmes ?

Le rugby féminin a longtemps eu du mal à faire sa place, à commencer dans sa propre fédération, puisque la plus haute instance de régulation de l’ovalie en France refuse l’entrée des femmes dans son giron dans les années 1980.

Dans l’Ain, le club des Violettes Bressanes, première équipe féminine fondée en 1970, ne s’en laisse pas compter et crée sa propre fédération entrainant dans son sillage le lancement de plusieurs équipes de filles dans toute la France. Dans la région, les Amazones de Sassenage naissent il y a 30 ans de la volonté d’une bande de copines, anciennes joueuses de handball.

Aujourd’hui masculin et féminin sont réconciliés et les deux fédérations ont fusionné, même si les femmes évoluent toujours dans un championnat amateur.

Les Amazones, membres du championnat Elite 2, ont signé un partenariat avec le FC Grenoble afin de pouvoir bénéficier des infrastructures du club. Mais le rugby féminin reste un sport d’initiés. A Sassenage, les matchs se jouent devant une vingtaine de spectateurs. « Des proches des joueuses la plupart du temps », précise Laurent Lombardi l’entraineur des Amazones. Impossible pour le club de rémunérer ou de défrayer ses joueuses. Ce qui n’empêche pas le niveau de progresser. Les quatorze membres du groupe de rugby à 7 féminin sous contrat avec la fédération française de rugby s’envoleront en 2016 pour le Brésil. Une consécration pour cette discipline admise pour la première fois au programme des jeux olympiques.