La raquette Babolat

Babolat est le deuxième fabricant mondial de raquettes de tennis, derrière Wilson. La société lyonnaise équipe 22 % des 100 meilleurs joueurs mondiaux, masculins et féminins.

Seul fabricant de boyaux naturels pour raquettes de tennis, Babolat a besoin de deux vaches et demie pour réaliser un cordage.

Babolat a inventé le premier grip synthétique qui entoure le manche de la raquette, absorbe la transpiration et les vibrations.

Une bonne tenue de court


Babolat s'est associé au fabricant de pneumatiques Michelin
pour lancer, en 2003, des chaussures adaptées aux courses latérales et diagonales des joueurs de tennis. Conçue à partir d'une nouvelle recette de caoutchouc plus résistant à l'abrasion, leur semelle extérieure est sculptée de gélules ovales et d'une structure en « arête de poisson » en Pebax, une matière plastique mise au point par Arkema, de la largeur de l'avant du pied. La Propulse a fait l'objet de tests au Centre technique du cuir de Lyon. Elle est la chaussure exclusive du champion américain Andy Roddick que Babolat équipe depuis l'âge de 14 ans.

Babolat, la raquette de Nadal

Quand il tape dans la balle, le champion de tennis Rafael Nadal sait qu'il peut compter sur ses muscles mais aussi sur sa raquette Babolat. D'origine lyonnaise, ce condensé de technologies a plus d'une corde à son arc.

Un manche, un cadre, un cordage : rien ne distingue à l'oeil du profane une raquette de tennis d'une autre. À y regarder de plus près pourtant, la raquette Babolat, avec laquelle Rafael Nadal joue depuis avril 2007, a plus d'un tour dans les boyaux.

Le design, d'abord. Pensé avec le concours de Bertrand Barré, designer industriel de renom basé à Limonest, il joue sur l'asymétrie colorée du cadre et colle au look du joueur espagnol. La forme, ensuite. L'aérodynamisme de ses branches en aile d'avion est adapté au jeu lifté et surpuissant du numéro deux mondial. « Il optimise la pénétration de la raquette dans l'air et augmente la puissance de frappe », explique Folco Canonico, chef de produit chez Babolat et joueur de tennis classé.

Son cadre est renforcé en fibres de nanocarbone. En tête de raquette, des couches de carbone tressées décuplent aussi ses performances à la frappe. Innovation plus récente, une bande d'élastomère en forme de V fait l'interface entre le manche et le tamis, filtrant et absorbant les vibrations. Poids total, sans cordage : 300 grammes !

D'autres innovations ont été brevetées par Babolat, comme cette technologie qui rend le cadre et le cordage interactifs lors de la frappe de balle. Le boyau naturel, spécialité de la marque depuis 1875, a été remplacé
par des cordes hybrides, mélange de fibres synthétiques et naturelles. Babolat a associé deux types de cordage, l'un pour les montants (verticaux), l'autre pour les travers (horizontaux) : ils permettent de cumuler résistance et toucher.

Les tamis réputés de l'entreprise lyonnaise entrent pour moitié dans les performances des raquettes. Pour ne pas courir après ses concurrents, elle s'est démarquée avec des produits plus techniques, plus conformes aux besoins de la nouvelle génération de joueurs latins et puissants comme Moya, Roddick et Nadal.

Toute nouvelle raquette fait l'objet d'études et d'analyses de marché. Chaque paramètre est disséqué en fonction du style de jeu de chaque joueur. Dix-huit mois sont nécessaires pour concevoir et réaliser une nouvelle raquette soumise à l'expertise de terrain d'une équipe de joueurs testeurs.

Ce professionnalisme a permis à Babolat de se hisser, en une douzaine d'années, à la deuxième place mondiale des fabricants de raquettes de tennis. Conçues au siège historique de la société, à Lyon, elles sont produites comme toutes leurs concurrentes en Chine, pays qui a acquis un savoir-faire dans le travail du graphite. « Cette sous-traitance est maîtrisée, selon Folco Canonico. Tous les moules nous appartiennent et la qualité est contrôlée par une équipe sur place. »

Désireux de s'adresser au plus grand nombre de joueurs, Babolat a aussi conçu le premier manche ergonomique. Avec ses deux bulbes qui épousent la paume, il prolonge parfaitement la main, facilite la tenue de la raquette et la pratique d'un sport loisir.

Le spécialiste du tennis

Issu d'une boyauderie familiale pour la charcuterie, Babolat a réalisé les premiers cordages de raquette en 1875, un an après la codification des règles du tennis. Ses boyaux naturels furent de l'aventure des Mousquetaires Borotra, Brugnon, Cochet et Lacoste, et des victoires de Suzanne Lenglen. Ses cordages sont fabriqués à Ploërmel, en Bretagne. L'entreprise lyonnaise est réputée aussi pour sesmachines de cordage électroniques assemblées à Besançon. Avec Éric, représentant la cinquième génération, la famille Babolat est toujours aux commandes de la société qui emploie 250 salariés (140 à Lyon) pour un chiffre d'affaires de 86 millions d'euros. À son catalogue, elle a ajouté, au fil des années, des balles de tennis, des volants et des raquettes de badminton, des sacs et des chaussures.