Au box-office des films coproduits dans la région, arrivent en tête « Le Hussard sur le toit », de Jean-Paul Rappeneau, (2,5 millions d'entrées), « Une Hirondelle a fait le Printemps », de Christian Carion (2,3 M), et « Les Enfants du marais », de Jean Becker (2,1 M). En 6e position, un dessin animé : « Azur et Asmar », de Michel Ocelot (1,7 M).
1895
Tournage à Lyon de la sortie des usines Lumière. Premier film diffusé de l'histoire du cinéma.
1922
Création de la cinémathèquede Saint-Étienne, d'emblée très orientée versles archives locales.
1970
Invention de la caméra Aaton à Grenoble
1990
Création de Rhône-Alpes Cinéma
2002
Ouverture du Studio 24 à Villeurbanne
Quartier Monplaisir à Lyon. Dans le parc de l'Institut Lumière, l'émotion est intacte. C'est ici qu'en 1895, Louis et Auguste inventent le cinématographe et filment la sortie de leurs usines...quelques mois avant de présenter le premier film de l'histoire du cinéma dans un café parisien.
Une visite de leur villa, transformée en musée en 1982, donne la mesure de cette épopée technique et humaine. On peut notamment y admirer des centaines de photographies, dont de magnifiques autochromes en couleur, et les 1 400 bobines que ces géniaux inventeurs et leurs dizaines d'opérateurs réalisèrent jusqu'en 1908. L'aventure se poursuit grâce à l'Institut Lumière, créé en 2002, présidé par le cinéaste lyonnais Bertrand Tavernier et dirigé par Thierry Frémaux, également directeur du Festival de Cannes. Doté d'un musée et d'une bibliothèque, l'institut édite des livres et projette chaque jour dans le hangar du premier film, des œuvres cinématographiques du patrimoine mondial. Autant d'occasions l'accueillir des acteurs ou cinéastes célèbres, de Jeanne Moreau à Agnès Jaoui, en passant par Clint Eastwood ou David Cronenberg...
Lyon n'est pas la seule à aimer le cinéma dans la région. Dans les années 1970, l'ingénieur Jean-Pierre Beauviala, maître assistant à l'université de Grenoble, révolutionne le cinéma. Il est à l'origine d'un procédé bouleversant à la fois la réalisation et le montage. Il monte l'entreprise Aaton du nom de sa caméra. Et travaille avec les réalisateurs de la nouvelle vague Jean Rouch, Félix Guattari, Raymond Depardon ou encore Jean-Luc Godard. Le cinéaste vit à cette époque dans le quartier grenoblois de la Villeneuve. Dans les années 1960-1970, il y tournera Numéro 2 dans son appartement. La Villeneuve est le terrain d'expérimentations sociales et cinématographiques, elle voit la création de la « Vidéogazette », l'une des premières télévisions de proximité.
La région est aussi un grand plateau de tournage. Elle est dotée, depuis 1990, d'une structure inédite de coproduction cinématographique : Rhône-Alpes Cinéma. Elle est née à l'initiative d'un homme de théâtre, Roger Planchon, pionnier de la décentralisation. Il avait déjà lancé, en 1968 à Lyon, le circuit du cinéma national populaire (CNP) : trois salles qui programmaient un cinéma indépendant, original et ambitieux à l'image du « théâtre élitaire » que Planchon défendait alors. Rhône-Alpes Cinéma est, depuis, soutenue par le onseil régional. « Pour être coproduits, les projets de films doivent prévoir une partie du tournage en Rhône-Alpes, précise Grégory Faes, directeur de Rhône-Alpes Cinéma. Sinon nos critères sont artistiques, ce qui nous permet d'embrasser tout le spectre ducinéma français. Avec des réalisateurs comme Claude Berry ou Jean-Paul Rappeneau, mais aussi des débutants, comme Cédric Klapisch ou Éric Guirado, dont on a soutenu les premiers films... » Ainsi, environ 50 % des films coproduits par Rhône-Alpes Cinéma sont des premiers ou seconds films. Malgré un budget modeste (2,5 M€) et une sortie en plein mois d'août 2007, Le Fils de l'épicier, deuxième long métrage d'Éric Guirado, a totalisé plus de 400 000 entrées. Une des forces de Rhône-Alpes Cinéma, qui investit en moyenne 10 % du budget, est d'accompagner les projets pendant toute leur carrière : depuis l'écriture du scénario, qui peut être soutenue par le Bureau des talents, au tournage, à la location de studios jusqu'à sa diffusion. Sans oublier une attentionchaleureuse, presque jalouse, aux artistes. Mireille Ferrand, responsable de la diffusion et de la promotion, se rappelle l'émouvante avant-première nationale d'EffroyablesJardins, de Jean Becker, à Pélussin, dans la Loire, le village où certaines scènes avaient été tournées. Elle cite aussi le tournage de Lucie Aubrac, compliqué car situé en plein Lyon : « La place des Terreaux avait été prise d'assaut et entièrement chamboulée pour lefilm ». Il y a aussi les tournages en cours et les films qui viennent de sortir. CommeLe Crime est notre affaire, de Pascal Thomas, tourné en Savoie. Une comédie policière avec André Dussolier et Catherine Frot. Dès le lendemain de sa sortie, Grégory Faes et Mireille Ferrand parcourent avec avidité les critiques, bonnes, et les premières entrées, excellentes. Mission accomplie.