La raquette à neige

35 pays

Les raquettes de TSL Outdoor sont commercialisées dans trente-cinq pays. En particulier en Suisse, en Allemagne, en Autriche, mais aussi au Japon et en Espagne, et depuis peu, dans les pays d'Europe orientale.

Dans l'Ain aussi
Créateur de TSL, Jean-Claude Bibollet est à l'origine d'une autre société de raquettes à neige, Inook, également implantée à Annecy-le-Vieux. Deuxième sur le marché français derrière TSL, elle fait fabriquer ses châssis près d'Oyonnax (Ain).

La raquette 225 est le modèle de raquette le plus venu dans le monde. Dans sa nouvelle version, elle arbore le numéro 226.

Pour chasser et batailler


Comment se déplacer sans s'enfoncer dans la neige ?
Deux objets ont très tôt été pensés par l'homme : les raquettes et les skis, fabriquées pour les premières à partir de bois, boyaux et peaux, probablement entre 4 000 et 6 000 ans avant notre ère en Asie centrale. Les Indiens d'Amérique les ont perfectionnées avec de l'osier, de la corde, des lamelles de caribou ou de peau de renne séchées et graissées, pour chasser le bison l'hiver. Au Canada, la guerre de Sept Ans fut le théâtre de deux batailles en raquettes entre Français et Britanniques.

Cocorico ! TSL Outdoor est le premier fabriquant mondial de raquettes à neige, loin devant ses concurrents américains. Avec d'autres entreprises comme Inook, Annecy peut chausser le titre de capitale mondiale de la raquette à neige.

Depuis son introduction en France en 1977, la raquette à neige a évolué dans sa forme, ses matériaux, ses fixations. En 1978, Jacques Baldas reprend le modèle nord-américain en forme de haricot mais remplace le cadre en aluminium par du bois. L'accrochage est assuré par de simples lanières en caoutchouc. L'année suivante, la première raquette en plastique injectée est commercialisée par une société monégasque. En 1981, Jean-Claude Bibollet crée la société Thônes Sport Loisirs (TSL) et la raquette JCB dérivée d'un modèle canadien. En forme de poisson, elle est pourvue d'un cale-pied en caoutchouc.

Mais la raquette à neige n'est pas encore très tendance. « À cette époque, cette activité était un peu honteuse, ringarde », remarque Jean- Marie Lathuille, responsable marketing de TSL. La création d'événements, la diffusion de raquettes auprès d'accompagnateurs en montagne, de guides de haute montagne ont contribué à la populariser. « L'arrivée de raquettes plus confortables et de fixations spécifiques a rendu sa pratique plus ludique, plus agréable. »

TSL est le premier à développer une raquette avec une fixation intégrée qui concourt à une bonne tenue du pied, à la doter d'une griffe à l'avant, puis de cale de marche, d'amortisseur de bruit pour réduire les crissements en marchant. En 2004, la société annecienne innove encore avec une fixation à crémaillère et un compensateur de pente pour montée et descente. Plus technique, la raquette change aussi de profil. En forme de taille de guêpe, elle donne une démarche plus naturelle.

En 2005, la société fête la millionième paire sortie de ses ateliers. L'année d'après, TSL tteint un sommet de ventes, commercialise 210 000 paires de raquettes en une saison, quatre sur dix à l'export. Avec les presses de sa filiale Injection 74, et selon la volonté de son dirigeant Philippe Gallay, le groupe maîtrise toutes les opérations de production localement et régionalement. Les sangles sont ainsi fabriquées à Saint - Étienne.

Après la fabrication des châssis en matière plastique recyclable, plus adhérente sur la neige, les aquettes sont assemblées en quelques minutes à l'usine d'Annecy-le-Vieux. Les fixations et les cales sont montées sur les châssis, les crampons vissés sous la semelle. 1 500 raquettes peuvent être assemblées chaque jour. Aujourd'hui, la raquette ne se cache plus. Elle est l'accessoire indispensable à de nombreux surfeurs. Pour rester leader, TSL mise sur l'innovation : le cinquième de ses cinquante salariés travaille au bureau d'études, à la création de nouveaux produits. Comme cette chaussure clipée au châssis à la façon des skis de fond. Un modèle est considéré comme la « Rolls-Royce » de la raquette à neige.

Un leader mondial sans grand rival

Racheté en 1986 par Philippe Gallay, accompagnateur et moniteur de ski, TSL Outdoor produit le même nombre de raquettes que ses deux principaux concurrents américains réunis. En 1992, la société a racheté son principal
sous-traitant, Injection 74. Depuis 1999, elle s'est diversifiée dans les bâtons télescopiques, les chaussures, les guêtres, les sacs à dos, les lampes frontales, les luges... Le groupe a repris une activité de brancards et fondé TSL Rescue, distingué en 2005 pour ses nouveaux modèles de brancards et sacs de secours.
En 2006, TSL s'est implanté aux États-Unis, a ouvert une usine dans le Vermont qui produit des raquettes tubulaires en aluminium, très prisées des Américains. Pour être moins liée à la saison d'hiver, l'entreprise participe depuis deux ans au développement de la marche nordique (avec bâtons), une pratique sportive remboursée en Allemagne par l'équivalent de la Sécurité sociale.