La montgolfière

Un ballon peut voler quand la vitesse du vent est inférieure à 15 km/h. En hiver, par temps calme, on peut voler toute la journée ; en été, tôt le matin ou tard le soir. Les ballons sont autorisés à se poser n'importe où.
Un ballon embarque quatre bouteilles de gaz de 40 litres chacune par vol. Un aérostier doit toujours conserver une bouteille pleine, par sécurité.

Un ballon consomme 20 litres de gaz au gonflage, 1 litre à la minute en vol, soit 80 litres pour une heure de vol. À l'aérostier d'économiser ses coups de brûleur pour voler le plus longtemps possible.

Comment ça vole ?

L'air chaud étant plus léger que l'air froid, un ballon s'élève dès qu'il a fait son plein de chaleur. Sa toile est d'abord étalée dans le sens du vent et gonflée d'air froid par un ventilateur. Lorsque le ballon forme une demi-sphère, l'air contenu dans l'enveloppe est chauffé avec un brûleur. Quand il est redressé, il peut s'envoler. Pour redescendre, il suffit d'arrêter de chauffer ou de tirer la soupape pour laisser échapper un peu d'air.

La conquête de l'espace a débuté et se poursuit à Annonay. 284 ans après le premier vol d'un aérostat, un membre de la famille Montgolfier perpétue la fabrication de ballons à la direction d'Annonay Air Concept.


Le 4 juin 1783, à 11 h, s'envolait la première montgolfière au-dessus de la place des Cordeliers, à Annonay. Bricoleur et inventeur de génie, Joseph de Montgolfier avait confectionné l'enveloppe de ce ballon d'une toile de coton recouverte de papier trempé dans l'huile, ce qui le rendait plus étanche. La production d'air chaud était entretenue par un simple feu de paille.

Deux siècles plus tard, le nylon et les brûleurs à gaz ont révolutionné les performances de ces machines volantes. Aujourd'hui, l'enveloppe est composée de 12 à 24 fuseaux verticaux concentriques, qui résultent chacun de l'assemblage de petits panneaux en forme de trapèze. De 200 à 400 panneaux sont nécessaires pour une montgolfière. Ils sont cousus par une machine à coudre montée sur des roulettes. La structure mécanique du ballon est assurée par des sangles, toutes reliées à un point central en haut du ballon, coiffé d'une trappe pour évacuer l'air. Dès avril prochain, une nouvelle génération de tissu, développée par Porcher, en Isère, enveloppera les ballons d'Annonay Air Concept, dont la toile provenait jusqu'à présent d'Allemagne.

Les montgolfières ardéchoises sont les seules à utiliser du rotin pour leurs nacelles. D'une grande souplesse, ce matériau plus résistant que l'osier est fourni par la Vannerie caladoise, à Anse, dans le Rhône. « On n'a rien trouvé de mieux pour le tressage », observe Guillaume de Montgolfier, qui a repris le flambeau de ses aïeux. Seuls les brûleurs sont importés d'outre-Manche. Il faut près de 300 heures de travail pour fabriquer un ballon, sans compter le temps consacré aux décorations, collées ou imprimées directement sur le tissu par sérigraphie.

Annonay Air Concept produit une dizaine de montgolfières par an. Avant d'être livrées, elles sont immatriculées et agréées par l'aviation civile. La durée de vie d'un ballon est d'une dizaine d'années, à raison de 50 heures de vol par an. Les enveloppes peuvent être réparées. Les panneaux déchirés lors d'un atterrissage délicat, ou brûlés, sont changés. « Du fait de la chaleur, les hauts des ballons cuisent plus vite que les bas », explique Guillaume de Montgolfier, qui effectue quelque 70 vols par an, pas seulement des essais mais aussi des balades en famille pour découvrir la France vue d'en haut. Sa société fabrique une trentaine de modèles différents,
en forme de poire ou de... ballon rond. Le volume augmente depuis une vingtaine d'années. Il est passé de 2 200 m3 en moyenne, dans les années 1970, à près de 4 500 m3. À plus de 4 000 m3, un ballon est considéré comme un moyen de transport public. C'est aussi un excellent véhicule de communication. « 80% des montgolfières sont sponsorisées », indique l'aérostier qui se propose à l'avenir d'en exploiter pour le compte d'entreprises, de collectivités ou de particuliers.

Sa société développe aussi depuis 2003 un autre type de ballon gonflable, équipé d'un siège et d'un moteur ULM. Ces Dynabulle ont permis à des scientifiques d'étudier la canopée, la strate supérieure des arbres de la forêt équatoriale, un écosystème particulier qui capte plus de 95 % de l'énergie solaire. Ce milieu, d'une très grande richesse, a été mieux appréhendé par ces ballons qui n'en finissent pas d'étonner.

De Saint-Étienne à Annonay

Entre 1800 et 1960, les montgolfières ont traversé un long...trou d'air. Leur exploitation a été relancée par l'utilisation de brûleurs et de bouteilles à gaz propane et par le bicentenaire du premier vol, commémoré à Annonay en 1983. Un premier ballon fut commandé à Maurice Chaize, qui développa un atelier spécialisé à Saint-Étienne. Après la reprise de ce fonds de commerce par une association, cette activité fut transférée en 1999 dans les anciens locaux d'une tannerie à Annonay. Guillaume de Montgolfier a repris la gestion de l'entreprise en 2002 et 80 % de son capital depuis juillet 2006. Il en a revendu 30 % à Philippe de Loitière, chargé du développement commercial de la société depuis janvier 2007. Leur objectif est de fabriquer une quinzaine de ballons par an et d'en assurer l'exploitation pour des tiers sous un nouveau nom commercial, Ballons Montgolfier.