Botanic, les jardineries

La plus grande jardinerie Botanic est le magasin-pilote de Gaillard (74) qui s'étend sur 8 500 m2. Le plus petit, avec 2 500 m2, est celui d'Haguenau, en Alsace. À Mouans-Sartoux, près de Cannes, l'entreprise réalise son plus gros chiffre d'affaires, 8 millions d'euros, avec un effectif de 70 à 80 personnes.

Chiffres-clés

1977
Ouverture de la première jardinerie familiale à Annemasse.

1995
Création de la marque Botanic (12 magasins).

2001
Arrêt de la commercialisation du mobilier de jardin en PVC.

2008
Suppression des engrais et pesticides chimiques de synthèse de tous les magasins. Lancement du nouveau concept  "Vivre autrement ".

2009
L'enseigne compte 5 magasins dont 6 en Italie.

En 1995, à sa création, Botanic réalisait un chiffre d'affaires de 220 millions de francs. Dix ans plus tard, il atteignait les 220 millions, mais en euros et aujourd'hui, il dépasse les 300 M€.
Toutes les jardineries Botanic sont équipées d'un modèle breveté de lampadaires, que l'entreprise a mis au point avec Philips Eclairage. En consommant seulement 1600 Watts, chacun produit l'équivalent de 1000 Watts de lumière halogène.

Du beau au bio

Après le tandem des pères vint le tandem des fils. Ainsi naquit et grandit Botanic. Il y a trente ans, Claude Blanchet, directeur de la coopérative de Bossey (Haute-Savoie) et François Bouchet, maraîcher dont il écoulait les produits, s'associent. Aujourd'hui, leurs fils respectifs, Luc, président, et Éric, directeur général, sont aux commandes de Botanic.

La société savoyarde rayonne sur une bonne partie de l'Hexagone. Elle est le fruit d'un savoir-faire familial et d'une capacité à anticiper. Dans les années 1970, mon père et les autres membres de la coopérative ont choisi d'abandonner le maraîchage, activité tagnante, trop saisonnière, pour se tourner vers l'horticulture », témoigne Éric Bouchet. En 1977, la France sort de la première crise pétrolière, le désir de maison individuelle commence à s'affirmer. La Savoie est gagnée par la mode helvétique du fleurissement. « Nos parents ont alors l'idée de créer un garden center à Annemasse pour commercialiser les produits horticoles », poursuit Luc Blanchet. Alors que la vente par correspondance de graines et de plantes a le vent en poupe, les jardineries commencent à peine à faire leur apparition, essentiellement en région parisienne.

« Le père de Luc a piloté toute la mise en place de ce premier garden center. Les serres, faute de moyens, ont été montées par la famille. Moimême, témoigne Éric, je me souviens avoir passé quelques dimanches sur le chantier. J'avais 14 ans ! » Plus jeune, Luc n'a pas participé aux travaux, mais il garde en mémoire le jour de l'ouverture. « Le magasin était installé sur le parking du nouvel hypermarché Genty-Cathiard. C'est surtout celui-ci qui créait l'événement ! » Pour la jardinerie, le succès tarde à se manifester. « On a démarré à l'automne dans un marché peu développé et peu diversifié,
raconte Éric. Il y a eu des moments d'inquiétude jusqu'en avril. » Mais le printemps et une bonne campagne de communication
ont boosté les ventes.

Les deux fondateurs reproduisent alors cette recette gagnante à Chambéry, Annecy puis dans d'autres villes rhônalpines et constituent, en 1982, une centrale d'achat avec des entreprises d'autres régions. Mais la société trouvera sa véritable identité dans les années 1990. Claude Bouchet, resté seul aux commandes après le décès du père d'Éric, lance en 1995 la marque Botanic qui réunit alors douze jardineries. L'enseigne haut de gamme connaît un développement sans précédent. Au rythme de quatre à sept ouvertures par an, dont la dernière à Sainte-Maxime le 1er avril, Botanic compte aujourd'hui soixante-cinq jardineries dont six en Italie et emploie 2 200 salariés.
« Nous avons répondu à l'attente des consommateurs, analyse Éric Bouchet. Aux anciens ruraux des années 1970 et 1980 ont succédé des citadins passionnés de nature mais demandeurs de conseils appropriés. En mettant à leur disposition 10 à 15 % de vendeurs supplémentaires, nous nous sommes forgé une image très positive. »
Fort de ce succès, le tandem Luc Blanchet-Éric Bouchet amorce un nouveau tournant, celui du bio. « Dès la création de la marque, rappelle Luc, nous avions une préoccupation écologique, traduite notamment dans la conception de nos bâtiments en structure bois. »
Au fil du temps, cette philosophie, exprimée dans différentes chartes environnementales, s'est faite plus ambitieuse : « Nous sommes arrivés à la conclusion que notre levier d'action était surtout sur les produits », explique Éric, qui a trop bien connu le règne des phytosanitaires : « Enfant, j'ai vu mon père vomir après avoir aspergé des concombres sous serre. » Les particuliers ne sont pas épargnés par le phénomène : « En 1998, une étude du ministère de l'Environnement a révélé qu'ils appliquaient deux à trois fois les doses recommandées. »

Dix ans plus tard, Botanic procède au retrait total des pesticides, engrais et autres produits chimiques de tous ses magasins. La décision est courageuse. « Ce n'est pas simple de casser ses jouets ! Il a fallu changer de fournisseurs, 'adresser à des petites structures bio. Cela a demandé des mois de boulot », commente Éric.
Aujourd'hui, cette réf lexion a débouché sur un nouveau concept de magasin où les serres de plantes ornementales côtoient un marché 100 % bio, un « café philo-écolo » ui accueille des conférences mensuelles et une librairie dédiée à la nature et au jardin. Gaillard, le magasin pilote situé près du siège d'Archamps, fut le premier a en être doté, suivi par une quinzaine d'autres. « Aujourd'hui, chaque nouvelle jardinerie est conçue sur ce modèle », commente Luc Blanchet, convaincu qu'en cette période de crise, l'avenir de l'entreprise, comme celui de la société, passe par l'écologie.

Un pacte pour 2010

En 2008, Botanic s'est engagé dans un plan de développement durable à trois ans portant sur l'ensemble de son offre. Ce pacte « pour un nouveau mode de vie » décline 25 engagements à l'horizon 2010 : parmi eux, 100 % d'alimentation bio, de cosmétiques et produits d'entretien naturels ou écologiques, zéro engrais et pesticides chimiques, zéro PVC dans les emballages et dans les produits pour lesquels il existe une alternative, le développement du commerce équitable, la réduction des déchets et de l'impact carbone...
Née en terre savoyarde il y a trente ans, Botanic n'a cessé de s'adapter aux habitudes de consommation des jardiniers amateurs. Leurs préoccupations écologiques rejoignent aujourd'hui les engagements de cette entreprise familiale.