La boule Obut, la boule de pétanque

Chiffres-clés

3 millions de boules par an.
Elles sont produites sur un site de 12 000 m2 à Saint-Bonnet-le-Château (Loire).

Obut réalise un chiffre d'affaires de plus de 16 millions d'euros, 90 % en France, 10 % à l'étranger.

P-DG de l'entreprise jusqu'en 1995, Robert Souvignet a créé en 1991 le musée international de la pétanque et de la boule de Saint-Bonnet-le-Château, qui permet de présenter, hors de l'usine, les étapes de fabrication de la célèbre boule Obut sans en livrer tous les secrets...
Beaucoup ignorent que la boule Obut est creuse. Elle est issue d'une barre d'acier dont deux lopins sont aplatis en forme de disque, puis transformés en coquilles. Elles sont ensuite assemblées et soudées. La boule obtenue est alors striée, marquée, trempée, polie et éventuellement chromée...avant de subir de multiples contrôles.

Tu tires ou tu pointes ?


Un bon joueur, en fonction du terrain
, va jouer avec des boules différentes. Un pointeur, qui essaie de se placer le plus près possible du but (ou cochonnet), va jouer avec une boule lourde et petite. Inversement, un tireur, qui cherche à déloger la boule d'un adversaire, la visera avec une boule plus légère, de gros diamètre.

La boule Obut, une ronde bien roulée

Entièrement fabriquée dans le Haut-Forez, la boule Obut est le produit d'une double compétence, économique et technologique, qui permet à ce numéro 1 mondial de s'imposer jusqu'en Asie.

Au premier coup d'oeil, l'objet paraît simple, presque simpliste : une sphère impeccable, gravée de lignes parfaitement ordonnées... Comme une perle d'acier qui serait issue d'une huître géante. Et pourtant, la boule Obut est le fruit d'un processus de fabrication et d'une composition chimique complexes, qui ont fait d'elle le leader mondial du marché de la pétanque.

Pur produit rhônalpin, elle est née à Saint-Bonnet-le-Château (Loire) il y a un demi-siècle : Antoine Dupuy, mécanicien, s'associe avec un fabricant de serrures pour produire des boules à jouer. Cet objet, dont la naissance remonte à l'Antiquité, connaît en effet un engouement depuis que Jean Blanc, autre figure de Saint-Bonnet et fondateur de la marque JB, a inventé, dans les années 1920, la boule métallique, qui détrône la boule en bois. Les deux amis déposent leur marque, Obut, et font appel, trois ans plus tard, aux Souvignet, autre famille locale, pour soutenir la croissance de l'entreprise. Jean et ses fils Georges et Robert, sous-traitants du cycle, achètent 75 % des parts de la société. « Jean cherchait un produit dont il puisse maîtriser la fabrication en totalité, commente son petit-fils Pierre Souvignet, président actuel. Il avait, comme ses fils, de l'instinct et une facilité d'entreprendre.Antoine Dupuy, lui, détenait la compétence pour concevoir les matériels et les machines à usiner. » Robert Souvignet ajoute : « C'était un mécanicien de génie. »

Grâce à cette alliance, l'entreprise développe sa technologie et son chiffre d'affaires. Jean passe rapidement le flambeau à ses fils, Georges, d'abord, puis Robert, auquel succède son fils Pierre en 1995. Entretemps, Obut a acquis La Boule noire, puis son voisin JB, mettant un terme à des décennies de rivalités sanglantes et d'espionnage industriel. La SARL est devenue SA et la boule Obut, dont la notoriété explose, s'est lancée sur le marché international. Elle vend aujourd'hui 10 % de sa production à l'étranger, un exploit pour un produit aussi franco-français ! Numéro un mondial, elle est présente en Espagne, en Suisse, au Japon, et même en Thaïlande, où elle a bénéficié d'une étonnante complicité : « Il y a près de vingt ans, la reine mère de ce pays a découvert la pétanque en France et l'a imposée à l'armée, rappelle Pierre Souvignet. Nous avons alors envoyé nos joueurs en mission dans les villages pour faire connaître plus largement ce jeu en Thaïlande.Il y est désormais un sport reconnu, voire un peu snob. »

Autre tête couronnée parmi les adeptes de la boule Obut : le prince Albert de Monaco, « un très bon joueur », apprécie le président. Le show business n'est pas en reste. Après Fernandel, Lino Ventura ou Eddie Barclay, à jamais associés, comme le pastis et le soleil, à ce jeu qui fleure bon les vacances, le célèbre couple Shirley et Dino a adopté à son tour la perle du Haut-Forez. Toujours au top de l'innovation, sa fabrication est désormais entre les mains d'André Dupuy, fils d'Antoine : « En 1985,mon père était à un an de la retraite, explique cet ingénieur Ecam. J'ai été appelé par Robert Souvignet qui souhaitait une continuité. » Un nouveau point gagnant pour la boule Obut : « André a su mettre en ligne et informatiser le matériel inventé par son père, commente Pierre Souvignet. Il a aussi conçu les aciers spéciaux qui font la qualité de notre production actuelle. »

100 % recyclable, la boule Obut se prévaut depuis peu d'une fabrication de haute qualité environnementale. « En novembre 2004,  après la réalisation d'une nouvelle station de traitement des eaux, nous avons été certifiés ISO 14 001. Un label contraignant,mais indispensable,compte tenu du milieu naturel exceptionnel dans lequel l'usine est implantée. »

Il y a boule et boule

Distincte de la boule lyonnaise - plus grosse, en bronze, jadis cloutée et répondant à des règles différentes - la boule de pétanque, en acier, existe en deux versions : de compétition et de loisirs. La boule de compétition, utilisée en triplette, doit être homologuée. Sur chaque sphère d'acier sont ainsi gravés la marque du fabricant, le poids et le numéro de série. Obut en propose toute une gamme de poids (de 650 à 800 g) et de diamètres (de 70,5 à 80 mm), susceptible de convenir à toutes les morphologies et tous les types de jeu. La boule de loisirs, utilisée en famille ou entre amis, est généralement d'un diamètre unique et d'un poids standard, convenant à toutes les mains. Elle est souvent vendue en mallette de 8. Ainsi, la boule Obut se présente-t-elle sous plusieurs milliers de références !