Irisbus, cars et bus

Irisbus compte 6 usines en Europe : Annonay, Rorthais (France), Vysoké Myto (Tchéquie), Barcelone (Espagne), Valle Ufita (Italie) et Budapest (Hongrie).

1217 Millions d'euros : c'est le chiffre d'affaires réalisé par Irisbus en 2006, avec 9296 véhicules. L'usine d'Annonay, qui emploie 1460 personnes sur les 5685 du groupe, a produit 511 autocars, 657 bus Citelis et 438 châssis, carrossés ensuite à l'extérieur.

Un véhicule, c'est 700 à 1 200 heures de travail, 12 000 composants, 300 m de tubes 6 000 points de soudure, 5 km de câbles... L'usine d'Annonay construit en moyenne 6,5 bus et 1,5 car par jour.

1920
Création de la carrosserie Besset à Annonay

1925
Installation sur le site actuel

1938
Présentation à la Foire de Lyon, du car Isobloc, construit sous licence américaine Garwood

1951
Rachat de l'entreprise par Sylvain Floirat, qui la renomme Société d'automobiles et carrosseries d'Annonay (Saca)

1958
Rachat par la Saviem (Renault)

1978
Création de Renault véhicules industriels (RVI) par fusion de Saviem et Berliet

1999
Création d'Irisbus par regroupement des activités cars et bus de RVI et d'Iveco (groupe Fiat)

2003
Iveco devient seul propriétaire d'Irisbus

2008
Sortie du nouveau car Magelys, au toit transparent

Ardéchois, car fidèle

Mon père est né à Vanosc, en Ardèche. C'était « un fils de paysans, parti de peu de chose. » Ce père dont parle André Besset, carrossier lyonnais retraité, est bel et bien le fondateur d'Irisbus Annonay. En 1920, son apprentissage terminé, le charron Joseph Besset rachète une petite carrosserie à Annonay. De son atelier sortent des Bugatti, des De Dion-Bouton, des Delage et, déjà, des cars. Son succès est tel qu'en 1925, il s'installe dans des locaux plus grands, sur les hauteurs de la ville.

C'est encore aujourd'hui le site d'Irisbus. Joseph Besset s'adapte à toutes les évolutions : abandon du marché de l'automobile, trop concurrentiel, substitution du bois par l'acier pour les carrosseries... L'homme est hardi : « En 1937, il part pour les Etats-Unis sans connaître un mot d'anglais, raconte son fils. Là, il achète la licence d'un car sans châssis avec le moteur à l'arrière. » Cette carrosserie révolutionnaire lance sa nouvelle marque, Isobloc. Elle l'amène à créer une seconde usine, à Lyon.

L'après-guerre voit l'apogée des cars Besset et l'entrée des fils de Joseph dans l'entreprise. Ils se laissent ensuite devancer par le concurrent, Chausson. L'entreprise ardéchoise change alors plusieurs fois de propriétaire et de nom : Saca, Saviem et, enfin, Iveco, filiale du groupe Fiat. L'usine produit aujourd'hui le haut de gamme des cars et des bus Irisbus. Avec des technologies conçues par les ingénieurs du laboratoire de Vénissieux-Saint-Priest, les Ardéchois ont construit 511 autocars de tourisme grand confort en 2006. Selon la commande, ils peuvent être équipés d'écrans vidéo, de toilettes, d'un frigo, de la climatisation. Des aménagements plus sophistiquée que les cars scolaires - sobres, économiques et résistants à l'énergie enfantine - qui sortent de l'usine tchèque d'Irisbus ! Les 657 autobus "Citelis" produits l'an dernier à Annonay pour les réseaux urbains de Lyon, Paris ou Anvers sont, eux, à la pointe de la technologie : énergie propre, commande infrarouge des feux tricolores, signalisation intérieure électronique, accessibilité aux personnes handicapées.

André Besset a créé à Vanosc, avec les responsables actuels de l'entreprise, un musée du car. Il est fier de ce qui reste de l'origine : « La grande réussite demon père a été de s'appuyer sur un savoir-faire local et de permettre, jusqu'à aujourd'hui, à des milliers de familles d'en vivre. » En 2007, comme dans les années 1940 ou 1950, le car est au coeur de la vie ardéchoise.

Des centaines de salariés d'Irisbus viennent travailler chaque jour dans un car d'entreprise : ils habitent Annonay ou ses environs, mais aussi au sud de Lyon. Et puis il y a tous ces voyageurs fréquentant le réseau TER. Dans ce département difficile d'accès par le rail, la SNCF et la Région ont passé convention avec des transporteurs locaux, comme la société Ginhoux, cliente d'Irisbus, pour assurer un service public de qualité.
Salariés ou non, mais tous usagers d'Irisbus, les passionnés se retrouvent à la fête du car de Vanosc ou sur des blogs. Une vraie communauté.

Une usine moderne et artisanale

À Annonay, Irisbus est une institution. L'usine, installée en six niveaux d'ateliers sur une colline, domine la ville. Ce qui frappe le visiteur, ce ne sont pas tant les cars et les bus garés, peu nombreux : l'entreprise produisant en flux tendu, les véhicules n'y restent pas. Non, c'est plutôt l'atmosphère de cette usine : chaque tâche est calculée à la seconde près, mais on prend le temps de se serrer la main. Côté modernité, il y a le bain de cataphorèse. Adopté très tôt par l'entreprise, il vient d'être agrandi : les structures les plus imposantes de véhicules peuvent ainsi plonger, lentement mais sûrement, dans cette immense piscine de 13 m de long et 4 m de profondeur pour un traitement anticorrosion. À un autre niveau, la peinture des véhicules, dangereuse pour la santé des ouvriers, a été robotisée. La main de l'homme est partout. Les châssis et faces latérales sont l'oeuvre de soudeurs qui, dans des gerbes d'étincelles, montent un véritable Meccano. Les finitions de peinture, elles aussi, sont réalisées à la main. Et puis il y a tous ces monteurs, électriciens, colleurs de tapis, poseurs de câbles, couturières...qui s'affairent sur les bus, comme les Lilliputiens sur Gulliver, avant que ceux-ci ne partent vers leurs futurs voyageurs.
Annonay se revendique "capitale des cars et des bus". A juste titre. La petite carrosserie Besset, créée dans les années 20, est aujourd'hui la principale usine du deuxième constructeur européen de transport en commun.