La lampe Petzl

Créée fin 2005, la fondation Petzl soutient le laboratoire grenoblois de glaciologie et une école de guides au Népal. Elle s'investit dans les domaines de l'éducation, de la prévention, de l'environnement et de la recherche.

Le sport avec l'alpinisme et l'escalade en particulier, le travail et le secours sont les marchés de Petzl. L'entreprise réalise la moitié de son chiffre d'affaires avec le sport.
Dans un hall du siège de l'entreprise, à Crolles (38), se dresse un mur d'escalade qui permet aux salariés de s'entraîner et de tester les produits in situ.

Trois unités en France


Petzl emploie 350 personnes en France
, dont 170 à Crolles et 50 personnes aux États-Unis. Son site de Crolles est spécialisé dans les produits métalliques et plastiques, celui d'Eybens, également en Isère, dans les harnais. Son chiffre d'affaires s'élève à 70 millions d'euros, dont 80 % à l'export, dans 60 pays. En 2000, le groupe a racheté la société Charlet Moser, spécialiste de l'équipement d'alpinisme, des crampons et piolets, à Rotherens en Savoie.

Chez les spéléologues, c'est un objet culte. La lampe frontale inventée en 1973 par Fernand Petzl a bouleversé cette activité sportive et scientifique, et plus tard le monde du travail et des secours.

L'astuce de Fernand Petel, fils d'immigrés allemands : avoir placé tout le dispositif d'éclairage sur la tête et mis la pile au chaud. Les écumeurs de cavités souterraines ont ainsi les mains libres. L'histoire raconte que les élastiques des premières lampes étaient confectionnés à partir de soutiens-gorge achetés par sa belle-fille, Catherine, au marché Saint-Bruno à Grenoble.

De nombreuses fois perfectionnée, la lampe Petzl a été la première à intégrer des diodes électroluminescentes (LED), particulièrement économes en énergie, qui diffusent un halo blanc et homogène. Très légère et compacte, la Tikka éclaire jusqu'à 32 mètres, dispose d'un faisceau orientable et de quatre modes d'éclairage, dont un clignotant, et offre une autonomie de 100 heures. Design, elle arbore des couleurs acidulées, moins
sévères que celles des premiers modèles. Toutes ces évolutions résultent de travaux conduits par le centre de recherche et développement de l'entreprise grenobloise. Fidèle à l'esprit de son fondateur, inventeur de nombreux appareils qui ont contribué à l'évolution des techniques de progression verticale, cette équipe interne à la société est toujours à la recherche de nouvelles applications sportives ou professionnelles. Certaines lampes sont certifiées pour des interventions en atmosphère explosible, des zones à forte concentration de poussières et de gaz comme les silos à grains ou des égouts.

D'autres s'accrochent plus volontiers au poignet et ne sont plus utilisées uniquement par les spéléos. À l'image de la lampe de secours lancée en novembre 2006 : très puissante, elle peut être précieuse pour se déplacer dans l'obscurité sur un chemin escarpé, pendant... quatre nuits. Dotée d'un filtre mobile, rouge ou blanc, pour moduler le faisceau de lumière, et d'un clignotant pour les secours et la signalisation, elle est garantie dix ans. Très petite et légère (pas plus de 78 grammes), elle a obtenu l'étoile du design de l'Agence pour la promotion de la création industrielle, une récompense partagée avec la société Incognito, qui a conçu son look « branché ».

Toutes les lampes montées sont vérifiées une par une après leur réception à Crolles. Les élastiques, boucles, charnières, défauts d'aspect n'échappent pas aux yeux de lynx des employées qui testent aussi chaque LED. « Quand on les vend, on sait qu'elles fonctionnent », assure Stéphane Lozac'hmeur, chargée de communication de la société. Les lampes Petzl sont éprouvées dans d'autres conditions plus extrêmes, lors des expéditions au long cours de Mike Horn, l'aventurier d'origine sud-africaine.

Toutes les lampes figurent dans le catalogue Petzl, considéré comme la bible des alpinistes et des clubs d'escalade. Cet album ne se contente pas de présenter tous les équipements commercialisés par le groupe grenoblois : harnais, casques, piolets, crampons, bloqueurs, grigris, mousquetons... Il donne surtout des conseils techniques pour se harnacher correctement ou « adapter l'éclairage à l'action », accompagnés de croquis et de dessins très explicites pour travailler ou pratiquer son sport favori en toute sécurité. Un sens de la pédagogie bien dans la culture de cette société familiale reconnue pour ses valeurs empreintes « d'indépendance d'esprit, de sens de l'innovation, d'exigence de qualité, de respect du client ». Un projet d'entreprise éclairé.

Fernand Petzl, verticalement inventeur

Tout a commencé au pied de la Dent de Crolles, dont Fernand Petzl découvrira avec Pierre Chevalier les dix-sept premiers kilomètres de galerie. Installé dans un ancien atelier de maréchal-ferrant, il met au point dans les années 1940 le premier mât d'escalade, puis s'ingénie à rendre la corde intelligente. À la fin des années 1960, il améliore le bloqueur et le descendeur de Bruno Dressler, puis invente en 1972 le premier appareil qui sécurise la descente en rappel et la remontée sur corde. En 1974, il met au point la fixation de randonnée à ski, un an avant de créer la SARL Petzl dans de nouveaux bâtiments à Crolles. En 1991, est créé le « grigri », le premier assureur autofreinant, destiné à assurer le premier et le second de cordée. Parallèlement, le spéléologue poursuit la découverte de réseaux souterrains. Au début des années 1950, il est à la tête de l'expédition qui bat le record du monde de profondeur : moins 1 122 m au gouffre Berger, dans le Vercors. Mort en 2003, Fernand Petzl reste en tête du palmarès mondial pour le nombre de découvertes de gouffres.