Mobalpa, les cuisines

Un millier de salariés
L'entreprise emploie aujourd'hui
1 050
personnes, dont la grande majorité dans les huit sites de Haute-Savoie. Une trentaine seulement exercent encore le métier de menuisier d'Eugène Fournier.

215 millions d'euros
C'est le chiffre d'affaires consolidé du groupe, détenu à 100 % par la famille Fournier. Les cuisines représentent
78,5 % de l'activité
, les salles de bains, 18,5 %, et le rangement, 3 %. 10,5 % du chiffre sont réalisés à l'export, essentiellement chez nos voisins européens, même s'il existe un magasin Mobalpa à Shanghai et un à Moscou.

Pierra Menta
Chaque année, la société Fournier sponsorise, aux côtés de la Région, la Pierra Menta, compétition internationale de ski-alpinisme qui se déroule à Arêches-Beaufort. Elle engage selon les années une ou deux équipes.
www.pierramenta.com

1907
Eugène Fournier installe à Thônes, au lieu-dit La Cour, son atelier de menuiserie.

1943
Ses fils Paul et Marcel Fournier créent les Établissements Fournier frères.

1949
Naissance de la marque Mobalpa.

Années 1960
Les Éts Fournier équipent les cuisines des logements sociaux.

Années 1970
Recentrage grand public : les premières cuisines intégrées Mobalpa voient le jour.

2000
Les Éts Fournier fusionnent avec deux de leurs filiales et deviennent la société Fournier.

Un siècle de grande cuisine

Difficile, quand on arpente les 3 000 m2 du showroom Mobalpa à Thônes (Haute-Savoie), d'imaginer que l'entreprise qui fabrique ces cuisines aux lignes contemporaines est centenaire.

Pourtant, c'est bien en 1907 qu'Eugène Fournier a ouvert l'atelier de menuiserie ancêtre de la marque. Un siècle au cours duquel la famille Fournier, originaire du Grand-Bornand, a transformé la petite entreprise artisanale en un groupe industriel d'un millier de salariés, aujourd'hui dirigé par Bernard Fournier, 57 ans, petit-fils du fondateur : « il s'était installé en 1907, au lieu-dit la Cour, près d'un bief qui lui fournissait l'énergie hydraulique. C'était un bon professionnel. Il faisait des meubles,des skis aussi. Il était agencier pour les hôtels. C'est lui aussi qui a signé toute la menuiserie du collège de Thônes. »

Les enfants d'Eugène, trois garçons, poursuivront l'aventure, mais en ordre dispersé. L'aîné produit ses propres meubles au sein d'une entité qui porte son nom, la société Henri-Fournier. Paul, le père du P-DG actuel, et Marcel créeront les Établissements Fournier frères. Bien plus tard, quand Henri aura connu des difficultés financières, les deux entreprises fusionneront pour devenir en 2000 la société Fournier.

Auparavant, la marque Mobalpa a vu le jour, en 1949. « Une contraction de Mobilier des Alpes », précise Bernard Fournier, dont le père et l'oncle s'orientent alors vers la production de meubles de cuisine. C'est le début des cuisines par éléments. Mobalpa ne connaîtra véritablement la notoriété que vingt ans plus tard : « dans les années 1960, explique le P-DG, le principal marché des Établissements Fournier était le bâtiment.
L'entreprise équipait d'éviers, sous-éviers et meubles de cuisine les logements sociaux, alors en pleine explosion. À partir de 1970, on a pris une direction grand public et réactivé la marque pour se distinguer des meubles Henri Fournier »

Les premières cuisines intégrées Mobalpa font une entrée remarquée dans les foyers français, grâce à leur personnalisation et à un procédé d'assemblage inédit. À cette époque, Bernard Fournier intègre l'entreprise. Formé à Sup de Co Lyon, il y entre en 1974 comme directeur commercial et contribue fortement au développement du réseau et de la marque Mobalpa. Il devient P-DG en 1993, trois ans après que l'entreprise ait quitté le site historique de la Cour, transformé en entrepôt de stockage, pour s'installer à l'entrée de la ville, dans 70 000 m2. La toute nouvelle usine du Bray est le premier gros investissement des Éts Fournier... et pas forcément le plus heureux : « Les deux années suivantes furent des années de crise », se souvient son président. Mais l'entreprise rebondit, poussée sur le chemin de la diversification par le besoin de vendre de nouveaux produits.

1993 : la salle de bains fait son entrée dans la maison Fournier ; trois ans plus tard : le rangement sur mesure.
Aujourd'hui, si les cuisines et la marque Mobalpa demeurent les leaders du groupe, Pérène développe aussi cuisines, salles de bains et rangements et Delpha, des salles de bains. « Nous sommes en train de créer encore une autre enseigne de cuisines pour les petits budgets, Socoo'c », explique le P-DG. Il a lancé en 2006 un nouveau programme d'investissements de 80 millions d'euros sur quatre ans. Objectif : « produire plus et de manière plus flexible, pour personnaliser plus encore la production. »
Car la spécificité des années 1970 est toujours d'actualité. Grâce à l'informatique, la production respecte les voeux de chaque client, traduits sur écran par les vendeurs eux-mêmes. Dans l'usine d'Alex entièrement automatisée, pas un des 4 500 plans de travail produits chaque semaine n'est standard. En revanche, Mobalpa est aujourd'hui plus ensemblier que fabriquant : « Notre savoir-faire est principalement la transformation de l'aggloméré bois et l'organisation des flux entre les différents fournisseurs et les distributeurs », explique Bernard Fournier, dont le négoce représente 25 % du chiffre d'affaires.Toujours à l'affût de nouveaux procédés ou matériaux - la pierre reconstituée ou le verre collé sur verre, par exemple - le P-DG place la barre très haut pour ses objectifs de développement : + 25 % en volume en 2010.
D'ici là, il aura peut-être réussi à remplacer sa propre cuisine, posée depuis vingt ans : « j'ai juste un problème de choix avec mon épouse. À la maison, ce n'est pas moi le chef... »

Éco-intelligent

Le Bray (Thônes), Metz-Tessy, Alex, Poisy : tous les sites de production du groupe Fournier sont installés au pied des montagnes. « De chacun d'entre eux, on peut voir le sommet de la Tournette », précise Bernard Fournier, grand amoureux de ce massif et amateur de ski. Une proximité de la nature qui justifie à elle seule la démarche environnementale de l'entreprise : tous ses sites sont en effet certifiés ISO 14 001 et équipés de différents systèmes « éco-intelligents ».
Parmi eux, le tri des déchets et le recyclage des copeaux. Exemple à Alex : « un logiciel optimise les découpes pour faire un minimum de chutes, explique le P-DG. Puis, celles-ci sont brûlées et utilisées, comme dans les autres usines, pour
le chauffage. »