Le Vélo'V

Chiffres-clés

60 000 abonnés sont accros à Vélo'V. 60% des adeptes du vélo rouge sont des hommes, 55% ont moins de 30 ans. 42% sont des cadres et employés, 33% des étudiants.

85 % des 20 000 déplacements quotidiens en Vélo'v sont effectués entre le domicile et le lieu de travail ou d'étude. Un trajet moyen dure entre seize et dix-sept minutes sur un peu plus de 2 Km.

Chaque Vélo'V sort en moyenne 10 fois par jour. Il effectue entre 8 et 11 rotations quotidiennes, alors qu'il était «formaté» initialement pour 2 rotations par jour.
Abandonnées depuis les années 1950 aux voitures, les berges du Rhône à Lyon sont désormais rendues aux piétons, cyclistes et autres rollers. Les pratiquants du Vélo'V les ont adoptées pour respirer l'air du fleuve. Les travaux d'aménagement ont coûté 44 millions d'euros : la Région en a financé près de 6 millions.

Vélo'V


a créé une cinquantaine d'emplois
: chauffeurs, téléopérateurs, administratifs... L'atelier de maintenance de Villeurbanne emploie une quinzaine de personnes. Une cinquantaine de vélos entrent chaque jour pour être reconditionnés. Un tiers des dégradations correspond à une « usure normale », un tiers à des excès d'usage, un tiers à du vandalisme (pneus crevés, cadres tordus).

Digne héritier des cycles stéphanois, le Vélo'V est en passe de devenir un objet culte dans l'agglomération lyonnaise pour une nouvelle génération de cyclistes qui (re)trouvent le plaisir de silloner la ville à deux-roues.

D'emblée le vélo'v se distingue par sa robe rouge et grise, sa ligne robuste, son guidon évasé. Monté près de Saint-Étienne, dans les ateliers des cycles Mercier, et au Portugal, il est le fruit de trois ans de recherche. C'est un vélo «intelligent», avec des capteurs pour vérifier le bon fonctionnement des freins, des trois vitesses,
des phares et le gonflage des pneus. Il suffit au cycliste intermittent de glisser sa carte bancaire dans une borne ou à l'abonné d'agiter sa carte pour libérer la bicyclette, l'enfourcher, la reposer, la fixer à un potelet d'une autre station, quelques hectomètres plus loin.

Comme le répète à l'envi le maire de Lyon, Gérard Collomb : « Vélo'V est devenu un moyen de transport en commun individuel. » Première grande ville française à s'être lancée, Lyon a pris exemple sur des métropoles européennes, comme Vienne ou Oslo, pour adapter ce mode de location en libre-service. Vélo'V est le résultat d'un troc entre la collectivité et la société d'affichage J. C. Decaux. En échange de l'occupation de2200 Abribus et 600 panneaux publicitaires, la collectivité a obtenu la mise à disposition de 4000 vélos dans 340 stations (en janvier 2008). En contrepartie de l'achat, de l'installation et de la maintenance des vélos, l'afficheur voit le montant de la redevance due au titre de l'occupation du domaine public diminué de 50millions d'euros en treize ans.

Les abonnés des transports en commun lyonnais, de la carte régionale OùRA !, de Lyon Parc Auto ont une franchise d'une heure pour toute utilisation du Vélo'V. Les efforts de ces utilisateurs citoyens, qui libèrent ainsi une partie de l'espace public, sont récompensés. La quasi-gratuité de la location a un effet bénéfique sur la facture de CO2 de l'agglomération. « Compte tenu des 25 millions de kilomètres effectués à Vélo'V depuis 2005, c'est
l'équivalent de 5 000 tonnes de gaz carbonique qui n'ont pas été rejetées dans l'atmosphère », estime Gilles Vesco, viceprésident du Grand Lyon.

Mais ce succès a des revers. Certaines stations sont plus fréquentées que d'autres et inaccessibles à certaines heures du jour et de la nuit. Rares sont les Vélo'V qui se lancent à l'assaut des pentes de Fourvière et de la Croix-Rousse. Les dégradations sont aussi en nette progression. Cinquante vélos entrent chaque jour à l'atelier de réparation de Villeurbanne, malgré le renforcement de certaines pièces stratégiques (pneu, selle, panier).

Vélo'V a modifié la carte des déplacements urbains et desserré les freins à la pratique du vélo en ville. Le trafic cycliste a augmenté de 80 % en deux ans, dont un quart dû à la bicyclette rouge. Les patrons de restaurants, bars et boîtes de nuit sont les premiers à se féliciter de cet engouement. Ils notent que les Vélo'veurs sont de meilleurs consommateurs que les automobilistes!

Les vélos de Poupou

Le Vélo'V a apporté une bouffée d'oxygène à l'usine des cycles Mercier, dont l'activité avait tendance à rétropédaler face à la concurrence des importations de vélos asiatiques et des grandes surfaces spécialisées. L'entreprise d'Andrézieux-Bouthéon a connu ses heures de gloire avec Raymond Poulidor, qui joue encore les VRP de la marque stéphanoise. Filiale du groupe néerlandais Accell, placée sous la direction de Lapierre depuis 2006, l'atelier stéphanois fabrique une partie des vélos de route et VTT de l'entreprise bourguignonne. Le montage des Vélo'V a été salutaire. La signature de nouveaux contrats de vélos en libre-service à Toulouse et à Nantes devrait assurer d'autres heures de travail aux 55 salariés qui n'ont, en revanche, pas assemblé le Vélib' parisien, délocalisé en Hongrie.