Vendu à plus de 12 millions d'exemplaires, le Tam Tam a 40 ans. Et pour son anniversaire, ce tabouret fabriqué à Nurieux dans l'Ain, se transforme en borne acoustique.
LE TABOURET TAM TAM est un objet culte. Sa silhouette galbée en forme de diabolo, d'instrument de musique africain (d'où son nom), ses couleurs franches, sa praticité - il se monte en trois clics -, son prix, dix francs dans les années 1970, ont contribué au succès de ce siège. Il a été vendu à plus de douze millions d'exemplaires depuis sa création en 1968. Sa promotion et sa notoriété ont bénéficié du concours de Brigitte Bardot : l'actrice posa nue sur un Tam Tam qui trônait dans le salon de la Madrague, sa maison de Saint-Tropez.
Le Tam Tam est à l'origine un tabouret pour pêcheur à la ligne. Il est vite adopté comme siège d'appoint d'intérieur, en particulier sa version orange, très prisée dans les années 1970. Le plastique est alors considéré comme un matériau moderne. Deux ans après sa création, il se voit décliné en table et en lampe. Et, consécration, il entre dans les collections du Moma (Museum of Modern Art) à New York.
Dans les années 1990, le designer français Philippe Stark remet en selle les objets en plastique, passés de mode après le choc pétrolier de 1973, avec son tabouret Bubu Ier. Le Tam Tam est relancé en 2002 par Sacha Cohen, collectionneur d'objets des seventies. Le tabouret est toujours fabriqué à partir du moule d'origine, n° 169, retrouvé dans un coin de l'atelier de Nurieux.
En 2003, des artistes et designers signent de nouveaux modèles. En 2005, il se pare d'or, d'argent, de bronze, de titane. Il se décline en plusieurs gammes : f luo, Krystal, Trans, Trend, chromée, en plus d'une trentaine de références. Il s'embourgeoise, arbore des tenues coquines (bas résille ou skaï) ou plus jeunes (jean denim). Il est transformé en fauteuil par Alexis Tricoire, en cendrier, en cage de Titi et Grominet par des designers français fans du dessin animé, et en... station d'accuei l pour iPod, pour son quarantième anniversaire en 2008.
Conçu par le designer français Éric Berthès, l'iTam Tam est doté d'enceintes de 35 Watts, compatibles avec tous les baladeurs de la marque à la pomme. Une entrée différente permet de le raccorder avec un cordon adaptateur aux lecteurs MP3 des autres marques. Une mue high-tech qui ne lui a pas fait perdre son assise. L'i Tam Tam reste un siège sur lequel on peut s'asseoir, en écoutant de la musique.
En savoir plus : Article paru dans le numéro 12 - Hiver 2008 du journal Rhône-Alpes
Parti à Paris après son baccalauréat au lycée Janson-de-Sailly, Henry Massonnet s'est détourné d'un parcours sans faute qui devait le conduire à l'École normale supérieure ou à l'École centrale pour suivre par amour une jeune Lyonnaise. En 1948, il fonde la société Stamp dans un ancien moulin à Nurieux, près de Nantua dans l'Ain. Elle fabrique en particulier des seaux et des glacières en plastique. Vingt ans plus tard, il crée le tabouret Tam Tam. En 1973, il récidive et conçoit le premier fauteuil de jardin en polypropylène injecté avec le designer Pierre Paulin. Ses créations valent à Henry Massonnet, décédé en 2006, d'être cité au Guiness Book des inventeurs.