Alpina Savoie, des pâtes savoyardes

63 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005.

2,5 % du chiffre d'affaires va en recherche et développement. Les pâtes représentent 53 % de la production (en valeur), le couscous 16 %, la semoule 14 %, les aliments pour chiens 14 %.

À la différence de certaines de leurs concurrentes au blé tendre et aux oeufs, les pâtes savoyardes n'utilisent que du blé dur et de l'eau. À partir de ce mélange, on obtient une sorte de pâte à modeler qui est ensuite moulée à la forme désirée et doit être séchée rapidement à l'extérieur et plus doucement à l'intérieur.

Alpina Savoie en chiffres

57 000
tonnes de produits commercialisés, dont 6 000 tonnes sous la marque Alpina

6%
du chiffre d'affaires à l'export

250
personnes travaillent pour Alpina Savoie

Les agriculteurs en contrat avec Alpina Savoie s'engagent à produire du blé dur sur des parcelles n'ayant pas reçu d'épandage de boues industrielles pendant cinq ans et éloignées de plus d'un kilomètre d'un grand axe routier et de plus de deux kilomètres d'une station d'épuration.

Des pâtes, oui, mais des savoyardes

Crozets, taillerins, fidés, vermicelles, nouilles... En Savoie, les pâtes se mangent sous de nombreuses formes depuis plus de trois cents ans. Cette tradition venue d'Italie se perpétue depuis 1730 à Chambéry, où pour la première fois un fabricant de vermicelles est mentionné.

Alpina Savoie est l'héritier de ces dynasties de pastiers. L'histoire de la plus ancienne fabrique de semoule de blé dur d'Europe débute en 1844, lorsque Philibert Chiron donne le moulin de Cognin à son fils Antoine pour son mariage. Une trentaine d'années plus tard, celui-ci reprend la production de vermicelles de son frère Claude. En 1888, les pâtes alimentaires Chiron décrochent une médaille d'argent à l'exposition industrielle de Chambéry.

À ce jour, les Chiron détiennent toujours cette entreprise qui s'est rapprochée en 1988 d'une autre famille pastière grenobloise, dépossédée de la société Lustucru, puis s'est renforcée en 2000 en rachetant son concurrent savoyard Richard et sa marque Alpina. Un nom plus porteur que l'enseigne traditionnelle de la maison, Croix de Savoie, aujourd'hui abandonnée. La stratégie de diversification engagée dans les années 1960 par François Chiron a assuré le développement de la société savoyarde. Dès 1963, elle s'oriente vers le nouveau marché de la graine de couscous, commercialisée principalement aujourd'hui sous des marques de distributeurs ou à l'étranger, en particulier au Japon.

En 1967, l'entreprise accommode un produit à base de maïs d'origine piémontaise : la polenta. En 1971, elle se tourne vers les aliments pour chien.

Les pâtes restent néanmoins l'activité principale d'Alpina Savoie. Avec son moulin d'une capacité de 230 tonnes par jour, elle dispose d'un outil de production performant, l'un des plus modernes en Europe. L'entreprise consacre 2,5 % de son chiffre d'affaires annuel à la recherche-développement. Elle innove et lance deux ou trois nouveaux produits par an. Un défi de taille lorsque la qualité reste le point de
mire. « Tout le jeu consiste à mouler une pâte constituée pour deux tiers de blé dur et d'un tiers d'eau, suffisamment élastique pour être transformée en pâte », explique Franck Rouard, qui a rejoint l'équipe dirigeante de la société depuis huit ans. Les techniciens d'Alpina sont très sensibles à la qualité protéinique du blé dur, garante d'une meilleure tenue à la cuisson, et à la couleur jaune ambré des pâtes, qui résulte d'une sélection variétale rigoureuse.

Pour s'assurer de la conformité de ses matières premières, une filière certifiée par des contrôles de qualité réguliers réalisés par un organismeindépendant a été mise en place. L'entreprise a sélectionné huit variétés de semences pour les agriculteurs avec lesquels elle signe des contrats de partenariat. Ces blés proviennent pour l'essentiel de la Beauce, de la plaine de Luçon et du plateau de Manosque. Ils sont ensuite stockés dans des silos maintenus en dessous de 18°.

« Alpina Savoie maîtrise toutes les phases de fabrication, du champ à l'assiette, effectue des contrôles systématiques, de la réception des matières premières jusqu'à l'expédition des produits finis », souligne Franck de richesses figurent parmi les cinq valeurs fondamentales du projet d'entreprise. « La société doit gagner de l'argent pour vivre, précise Franck Rouard. La famille Chiron a toujours remis l'argent au pot pour assurer la Rouard. Cette traçabilité est l'un des engagements pris dans le cadre d'une démarche de développement durable reconnue en juin 2003 par le programme Global Compact initié par l'ONU. «Le respect de l'environnement est la raison d'être de l'entreprise, poursuit le président du directoire. Tout ce que l'on fait correspond à des règles éthiques. » Les deux autres piliers sont économique et social. L'épanouissement des individus et la création pérennité de l'entreprise. »

Sur le podium français

Alpina Savoie est le troisième fabricant français de pâtes derrière Panzani et Lustucru, et le deuxième producteur français de couscous derrière Ferrero. Les pâtes savoyardes sont présentes sur presque tous les linéaires des hypermarchés français. Son couscous est vendu en totalité sous marque distributeur et à des industriels, notamment pour la préparation du taboulé.
Bien qu'importées d'Italie, les pâtes restent une spécialité savoyarde. Alpina Savoie est le troisième fabricant français. Il s'est diversifié dans le couscous et la polenta.