Le compas Maped

Chiffres-clés

23 millions, c'est le nombre de compas vendus chaque année par Maped. La plupart sont en plastique ou en zamak, un alliage à base de zinc, et un sur dix en laiton.

Maped réalise 70 % de ses 120 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'export. Sur ses 1800 salariés, 230 travaillent en France, 950 en Chine.

Le premier à avoir utilisé le compas comme instrument de calcul est Euclide de Samos au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Il enseignait la géométrie à l'école de mathématiques de l'université d'Alexandrie.

Charpentier, ébéniste ou franc-maçon


Il existe plusieurs types de compas.
Le plus plus simple est articulé autour d'une charnière qui peut être bloquée par une vis. Plus précis sont ceux équipés d'un ressort, d'une vis et d'une molette. Le compas d'épaisseur est un outil de traçage qui permet de relever une cote. Le compas à verge est composé de deux coulisseaux qui portent chacun une pointe sèche, un porte-mine, un tire-ligne, et se déplacent sur une règle (verge) de plus ou moins grande dimension. Cet instrument est utilisé par les charpentiers, ébénistes, tailleurs de pierre et opticiens. Associé à l'équerre, il est présent dans la symbolique de la francmaçonnerie.

Incontournable dans les trousses et sur les bureaux, Maped est ancré dans le savoir-faire industriel de la Haute-
Savoie. Sa raison sociale cache un sigle sans ambiguïté. La Manufacture des articles de précision et de dessin (Maped), créée en 1947, a fabriqué jusqu'en 1985 une seule famille de produits : les compas. Et plus précisément, les compas en laiton, à section carrée. Ce savoir-faire est issu de l'industrie du décolletage, de l'usinage de petites pièces en métal. Les compas sont fabriqués à partir de barres de laiton, de trois mètres de longueur, qui sont débitées puis usinées. Ils font ensuite l'objet de
traitement de surface, d'un nickelage en vrac, sous-traité. À leur retour à l'usine d'Argonay, près d'Annecy, les deux branches et les accessoires sont assemblés et montés, puis conditionnés. Sept cents compas sortent chaque heure des cinq lignes d'usinage.

Au tournant des années 1970, le compas traditionnel à deux bras, à charnière ou à ressort, est concurrencé par de nouvelles versions plus économiques, en plastique, puis dans les bureaux techniques par la conception assistée par ordinateur. Ce marché s'est vite révélé trop petit pour assurer le développement de l'entreprise : elle s'est diversifiée d'abord dans les ciseaux, sous l'impulsion de Jacques Lacroix, fils du fondateur de Maped. Mais le compas reste l'emblème de la société. En France, trois sur quatre proviennent de ses ateliers français ou chinois, selon une enquête menée à la rentrée des classes 2005. Leur commercialisation a été relancée en 2006 par une innovation : un système exclusif de blocage des branchages empêche tout dérapage lors du traçage d'un cercle. En 2008, les ventes de compas Maped ont progressé de 10 %. Ils représentent encore 15 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.

La famille s'est agrandie. Après le lancement en 1980 d'un premier modèle métalloplastique doté de système de fixation d'accessoire, de porte-mine par exemple, le zamak a révolutionné la production. Plus besoin d'usiner. Cet alliage léger qui se travaille par injection permet de démultiplier les formes, de libérer le design. Les compas en fibre de verre s'adressent surtout aux enfants. Le plastique reste très minoritaire sur ce marché. « Les consommateurs recherchent des compas simples et costauds », note le directeur du marketing de Maped, Bernard Roux de Bézieux.

Mondial et local

Compas, gommes, taille-crayons, ciseaux, agrafeuses, corbeilles à papiers...Avec quelque 1200 références de produits, Maped est la marque phare des accessoires scolaires et de bureaux. La diversification
de l'entreprise s'est accélérée dans les années 1990 après le rachat du fabricant de gommes, Mallat, puis du groupe allemand Helit, spécialisé dans les accessoires de bureaux et d'écriture, en 2006. Le groupe d'Annecy fabrique aussi des accessoires d'encadrement et des stylos. Présent dans 115 pays, Maped a créé une première unité de production à l'étranger, en Chine, en 1993, puis au Mexique en 2002. Une nouvelle usine est en construction à Shanghaï. "Plus de la moitié des produits vendus sous la marque Maped sont fabriqués en Chine, à des coûts de revient qui nous permettent d'être présents partout dans le monde, remarque Bernard Roux de Bézieux, sinon, nous n'existerions plus." Les compas en laiton, les gommes, les trombones, aimants et punaises, restent fabriqués à Annecy où sont également regroupés la conception de produits, les études techniques et le marketing.