Langues régionales

A l'origine...

vogue : fête foraine. Dans notre région, vogue, qui vient du germanique *wogon « voguer », a un sens différent de celui du français commun  qui est « célébrité, faveur »
gone : gosse. L’origine de ce mot de la région lyonnaise est obscure (peut-être du latin gunna « pelisse, robe d’enfant »)
cafi : plein. Du latin clavo figere « fixer avec un clou »
tatan : tante, tata. Comme le français commun tata, du latin amita « tante »
patte : chiffon. Du germanique *paita « morceau d’étoffe »
combe : petite vallée. Régionalisme sémantique (du gaulois *cumba « vallée »)
balme : grotte. Du gaulois *balma « grotte »
boutasse : mare. Du latin buttis « tonneau ».
nant : ruisseau, torrent. Du gaulois *nantu « vallée ».
fayard : hêtre. Du latin fagus « hêtre » (avec le suffixe -ard).
traboule : passage qui permet de traverser un pâté de maisons d'une rue à une autre. Nom commun, du verbe trabouler, composé de tra- (« à travers ») et de bouler « rouler » qui vient du latin bulla « bulle, boule » (cf. fr débouler).

En Rhône-Alpes, on n’a pas nos langues dans la poche !

Tintin en fraco provençal© Hergé-Moulinsart-Casterman/Arpitania, 2007 - http://tintin.arpitania.eu

 

En Rhôno-Alpes, nos ons pas notres lengues dens la fata !
En Ròse-Aups, avèm pas nòstras lengas dins la pòcha !

Francoprovençal et occitan : deux langues bien vivantes parlées en Rhône-Alpes ! Issues du latin comme le français, leurs origines remontent à l'Empire romain : elles constituent l'élément le plus ancien de l'identité de notre région.

Le francoprovençal connaît diverses variantes parlées dans tout le nord de la région - bressan, dauphinois, forézien, lyonnais, savoyard - mais aussi jusqu'en Suisse romande et en Italie (Val d'Aoste).

L'occitan parlé dans le sud de Rhône-Alpes possède des traits communs avec le francoprovençal. On l'appelle le vivaro-alpin, également parlé en Provence-Alpes-Côtes d'Azur et en Italie.

La Région soutient les langues régionales

Aujourd'hui, la Région Rhône-Alpes s'engage en faveur de la diversité linguistique. Elle souhaite développer son soutien aux nombreux projets qui permettent de faire connaître et de faire vivre l'occitan et le francoprovençal, dans des domaines aussi divers que le tourisme, la recherche universitaire, la création littéraire et artistique, la vie associative...

 

Dans l'assiette...

bugne : beignet. Mot d'origine incertaine (peut-être de *bunia « tronc d'arbre »)
souper : dîner. Archaïsme du français. A noter qu'en français, jusqu'au XVIIIe siècle, dîner, qui vient du latin *disjejunare « rompre le jeûne », a désigné le repas de la mi-journée
grattons : résidus grillés de graisse etd e viande de porc. Du germanique kerte « coupure » avec influence probable de gratter.
diots : saucisses. Mot d’origine inconnue.
sabodet : saucisson à cuire à base de tête de porc. Composé de sac+bodet (mot d’origine obscure, comme boudin qui est de la même famille).
pogne : brioche. Du latin spongia « éponge »
gaudes : bouillie préparée avec de la farine de maïs torréfié. Du germanique *walda « réséda ».
Rigotte : fromage de chèvre (sud du Rhône et Loire). Peut-être emprunté à l’italien (ricotta vient du latin recocta, participe passé féminin de recoquere « faire recuire »).
picodon : fromage de chèvre (Drôme et Ardèche). Dérivé de piquer qui vient de *pikkare.
cervelle de canut : le nom de ce fromage blanc (battu et assaisonné) vient du fait que, pour le pauvre canut lyonnais, ce fromage constituait l’essentiel du repas et remplaçait la cervelle d’agneau réservée aux classes supérieures.