Fermob, le mobilier de jardin

Chaque modèle de chaise ou fauteuil est soumis à des tests de résistance, conformes aux normes des collectivités. Chacun subit 100 000 fois une charge de 100 kg, correspondant à un usage intensif et à une durée moyenne d'utilisation de 47 ans.

Tous les deux ans, Fermob édite son propre catalogue pour présenter ses collections de mobilier de jardin. Imprimé à 240 000 exemplaires, il est consultable sur le site Web de la société.

Fermob a développé un logiciel dénommé « 3iD » pour créer et aménager sa propre terrasse. Disponible en ligne, il permet de passer directement commande. « La terrasse et le jardin sont devenus la cinquième pièce, la plus colorée, de la maison », note Emmanuelle Parisot, chef de produit chez Fermob.

La PME Fermob n'a pas été affectée par la crise. En 2009, sa croissance a été « moindre que d'habitude », selon Bernard Reybier, mais s'est poursuivie sur le marché des particuliers, qui représente les trois quarts de ses ventes, et de l'équipement des hôtels-restaurants, en plein essor. L'entreprise de Saint-Didier-sur- Chalaronne emploie 190 personnes, douze fois plus qu'en 1989, année du rachat de la société par Bernard Reybier.

Fermob gagne des sièges au jardin

Son dessin original date de 1889 : la chaise Bistro est la plus célèbre des modèles de Fermob. En cent onze ans, elle s'est démultipliée, dévergondée : sa garde-robe arbore vingt-quatre coloris, du turquoise au fuchsia. Elle a fignolé sa ligne, chaussé patins et manchons en plastique à ses extrémités métalliques.


Créée par les ateliers de la Ville de Paris, elle est l'un des emblèmes de l'entreprise de Saint-Didier-sur-Chalaronne dont le catalogue expose des fauteuils, tabourets, bancs, repose-pieds, tables, guéridons, bains de soleil signés de grands créateurs comme Jean-Charles de Castelbajac. Dès qu'il a repris l'atelier de ferronnerie en 1989, Bernard Reybier a cherché à dépoussiérer l'image du mobilier de jardin, à rendre plus confortables les chaises pliantes. De nombreux brevets ont été déposés. L'un d'entre eux permet de maintenir par une arbalète la toile de certaines chaises. Deux principes ont guidé la stratégie du chef d'entreprise : la créativité et l'exportation. Très tôt, Fermob a travaillé avec des designers comme Pascal Mourgue et Patrick Jouin, dont le premier siège est exposé au centre Georges- Pompidou à Beaubourg. Depuis, le cercle de créateurs s'est élargi à de jeunes talents autrichiens, belges, français, à des valeurs sûres comme Andrée Putman, qui vient de signer une collection de sièges tressés à partir de ceintures de sécurité ! La tendance 2010 : paprika, bleu fjord

La couleur est l'un des codes génétiques de Fermob. Ses mobiliers se déclinent selon une palette de vingt-huit nuances renouvelées partiellement chaque année. En 2010,la tendance est au paprika, au bleu fjord, au
lin poudré de particules de nacre. Des couleurs qui résistent à de grandes variations climatiques et aux rayons ultraviolets. Cette créativité et cette diversité font mouche à l'export. Fermob réalise 40 % de son chiffre
d'affaires dans trente-cinq pays, notamment en Allemagne et aux États-Unis, mais aussi au Japon et en Australie. Pour accompagnerdossiers en fil de fer et des robots qui assemblent des chaises dans leur totalité.

Toujours à la recherche d'améliorations techniques,le bureau d'études développe ses outils de production avec des entreprises mécaniques de la région : des machines de rivetage forment le piétement d'une chaise en trente-cinq secondes. Le fabricant de mobilier extérieur s'inspire aussi de méthodes de production de l'industrie automobile. Il mise sur la polyvalence de ses équipes de production, « pour que le personnel ne reste pas constamment au même poste et que le travail ne soit pas routinier », indique Nicolas Bertrand, jeune ingénieur formé à l'ISTP de Saint-Étienne, responsable de l'unité de production. « En même temps que les produits sont conçus, nous développons en interne les outillages et les gabarits qui servent à les fabriquer », précise-t-il. Le bureau des méthodes veille aussi à l'aménagement ergonomique de certains postes de travail pour faciliter la manipulation de grandes pièces.

Lorsqu'elle fait appel à la sous-traitance, Fermob travaille en priorité, à 70 %, avec des entreprises régionales : Ferrari pour les toiles techniques confectionnées par une entreprise stéphanoise, Dupont (ex-Bichon) pour ses peintures en poudre, sans solvant. Le développement durable est une préoccupation constante. Depuis 1997, une chaîne de peinture à zéro rejet a été installée. Le tri sélectif des déchets est à l'ordre du jour des ateliers depuis dix ans. « En outre, les matières premières qu'on utilise, fer, acier, sont recyclables à l'infini », explique Bernard Reybier, qui cherche à limiter l'impact carbone de ses produits en les allégeant, par exemple.

Chez les sénateurs et à New York

Pour les chaises du jardin du Luxembourg, Fermob a répondu à un appel d'offres du Sénat, qui souhaitait disposer de sièges en acier. L'entreprise a travaillé à partir du modèle original qu'elle a actualisé, en incurvant notamment les lattes en aluminium. À Bryant Park, à Manhattan, la chaise Bistro a été adaptée au mode de vie américain : elle est dotée d'une tablette pour poser un ordinateur et d'un petit panier
pour loger une canette de Coca-Cola. Plus de 3 000 chaises parsèment les pelouses du parc new-yorkais, ainsi qu'une ancienne voie ferrée transformée en espace vert depuis l'an dernier.

L'ancien atelier de ferronnerie de Saint- Didier-sur-Chalaronne, dans l'Ain, est devenu une des entreprises majeures du mobilier de jardin en France et dans le monde. Sa chaise « Bistro » a fait le tour du
monde, de Manhattan à Amsterdam, en passant par le jardin du Luxembourg et Villars-les- Dombes.