Le bateau-mouche

Jean-Sébastien Mouche, créateur des bateaux-mouche ?

Bateaux-Mouches est devenu une marque qui fait le bonheur d’une compagnie parisienne de promenades touristiques sur la Seine. Pour rendre plus crédible l’activité de sa société, Jean Bruel imagina de donner vie à un improbable créateur, Jean-Sébastien Mouche, dont le buste fut dévoilé en présence du ministre des Transports et du préfet de Paris en 1953… le 1er avril !

Formation par simulation

Une école de mariniers et un institut de formation de pilotes de bateaux à passagers sont en projet à Montélimar et à Chalon-sur-Saône. Une partie de l’enseignement sera réalisée sur un ou deux simulateurs de pilotage. L’enjeu est de renouveler la génération des capitaines qui arrivent à la retraite.

L’appellation « bateau-mouche » n’est pas parisienne. Elle trouve son origine à Lyon. Mieux vaudrait d’ailleurs parler de « bateau de la Mouche », car ce patronyme fait référence à un quartier près de Gerland, où l’on fabriquait ce type d’embarcation. De nombreux chantiers de construction fluviale s’installèrent en bordure du Rhône et de la Saône dans la première moitié du XIXe siècle, après qu’un charpentier de Vaise, Fortuné Mauriac, eut substitué le fer au bois pour les coques de bateau.

Au début des années 1860, Michel Félizat, propriétaire d’un chantier à Arles, s’installe à Gerland dans l’une des lônes, un bras mort du fleuve. Il achète à crédit un terrain situé entre la Halle Tony-Garnier et le Rhône. L’entreprise Danto et les ateliers de la Buire construisent les coques. « Des enfants sont employés à la forge pour chauffer à blanc les milliers de rivets utilisés pour leur assemblage », raconte Cécile Mathias, animatrice d’un “café mémoire”. Les commandes viennent de la Compagnie des Omnibus de Lyon, qui sillonne le fleuve entre La Mulatière et Vaise. Ces bateaux à vapeur, numérotés, prennent le nom de leur darse de naissance.

En 1869, vingt-sept personnes se noient lors du naufrage de Mouche 4. En 1866, l’explosion de la chaudière de Mouche 9 fait trois morts. La même année, Michel Félizat décroche le marché de l’Exposition universelle de Paris. Trente bateaux, de 24,5 mètres de longueur et de 3,6 mètres de largeur, sont livrés à la cadence de un par semaine.

 

Ils sont acheminés à Paris par la Saône, le canal de Bourgogne, l’Yonne et la Seine. 1 500 ouvriers travaillent aux ateliers de la Buire, 300 à la lône Félizat. En 1881, la production des bateaux de la Mouche s’arrête.
Après la Deuxième Guerre mondiale, Jean Bruel acquiert l’un des derniers bateaux construits pour l’Exposition universelle de 1867, pour des promenades touristiques sur la Seine, actuel paradis des bateaux-mouches.

Aujourd’hui, des navettes fluviales pourraient être relancées sur le Rhône et la Saône. Elles seraient assurées par des catamarans électriques qui embarqueraient 60 à 80 passagers. Le projet paraît séduisant, dans le courant du développement durable. Mais les ruptures de charge entre train, voiture et bateau, la durée des transports (une petite demi-heure entre Saint-Paul et Confluence) et le prix des billets pourraient freiner le retour à quai lyonnais. « Cette opération ne doit pas coûter un centime à la collectivité », a prévenu Roland Bernard, vice-président du Grand Lyon, chargé du tourisme.

Des diligences et des coches d'eau

On navigue sur le Rhône et la Saône depuis des lustres. Avec des coches d’eau, d’abord. L’un d’eux est signalé quai Saint-Antoine à Lyon sur une carte du XVIe siècle. Ces diligences d’eau assurent des services réguliers jusqu’à Chalon-sur-Saône et Aix-les-Bains sur le Rhône. En 1850, dix-sept bateaux de 300 à 400 passagers remontent la Saône. Détrôné par le chemin de fer, le transport fluvial connaît aujourd’hui une nouvelle jeunesse grâce à de nouveaux bateaux.