« 2eme édition des Journées Poissons migrateurs en Méditerranée »
Retrouvez le compte-rendu des journées organisées par MRM en partenariat avec la Région Rhône-Alpes.
2 mg de PCB/kg : c'est le seuil maximal défini pour la consommation du poisson
A Mépieu, en Isère, la création d'une réserve naturelle régionale, il y a dix ans, a permis de protéger et d'entretenir 161 hectares d'étangs, de prairies et de tourbières.
Les agriculteurs ont joué le jeu en remplaçant les grandes cultures par des prés. « Il n'y a plus de risque de pollution des étangs. On a regagné les milieux ouverts favorables aux orchidées, des zones humides en bon état pour les oiseaux migrateurs et les tortues d'Europe », se félicite Raphaël Quesada, le conservateur de la réserve. Un chemin a été ouvert le long de l'étang principal en 2012, aujourd'hui très fréquenté par les riverains.
Un ambitieux programme de réhabilitation écologique du fleuve, lancé il y a près de 15 ans, vise à donner une nouvelle dynamique naturelle au fleuve. C'est le plus important chantier de ce type conduit en Europe.
S'il n'est ni possible, ni même souhaitable de retrouver le Rhône sauvage et torrentiel d'avant les aménagements du 19ème siècle, le maintien des espaces naturels est essentiel pour la biodiversité, mais aussi pour la qualité de l'eau et pour la lutte contre les inondations. « Les enjeux sont très forts et complètement imbriqués », confirme Catherine Petit, chargée de mission au Grand Parc de Miribel-Jonage. Un exemple : l'enfoncement progressif du canal de Miribel, creusé dans les années 1850 pour le rendre navigable, affecte les écosystèmes, déstabilise les berges, et peut menacer à terme l'alimentation en eau potable d'un million et demi d'habitants du Grand Lyon. « Il est nécessaire d'intervenir pour préserver les équilibres et le rôle de ce secteur », explique-t-elle. Un scénario d'actions doit être choisi d'ici fin 2012, pour un début de chantier en 2014. Auparavant, la remise en eau d'une lône, un bras secondaire du Rhône, aura lieu l'automne 2013 à titre expérimental.
Plusieurs lônes ont déjà été réhabilitées le long du fleuve. Lancé à Pierre-Bénite en 1999, puis conduit sur le Haut-Rhône de 2003 à 2008, ce programme unique à l'échelle européenne se poursuit sur les secteurs du Péage-de-Roussillon, de Montélimar et Donzère-Mondragon. Il consiste, d'une part, à redonner au lit naturel du Rhône une partie des débits jusqu'alors détournés dans les canaux d'alimentation des barrages, et d'autre part, de restaurer les milieux pour permettre aux espèces, en particulier les oiseaux et les poissons, de retrouver des zones de nourrissage, de reproduction et de refuge.
Les actions vont s'étendre désormais à la plaine alluviale du Rhône, l'espace de vie du fleuve. Des études ont été lancées sur les corridors biologiques, notamment sur le Rhône du secteur protégé de l'Ile du Beurre, entre Ampuis et Condrieu, pour la traversée des grands mammifères. Sur le Haut-Rhône, un nouveau plan de gestion a été signé en février 2012, qui conduira à la restauration des zones humides et des affluents à partir de 2013.
Photo : © JM Olivier
Une restauration hydraulique et écologique du Rhône a été conduite depuis 2000 sur 4 secteurs : Chautagne, Belley, Brégnier-Cordon et Pierre-Bénite. L’augmentation des débits réservés (débits minimums d’eau) dans les Vieux Rhône de ces zones et la restauration de 26 bras secondaires du fleuve ont favorisé les espèces typiques des grands cours d’eau que la construction des barrages avait fragilisées. A Pierre-Bénite par exemple, la proportion des poissons de grands fleuves (barbeau, ablette, hotu, spirlin) a triplé. Cependant, les résultats dans les différentes zones sont hétérogènes : les plus probants sont enregistrés là où les augmentations de débits réservés sont les plus importantes.
On sait que les lônes évoluent dans le temps : des processus d’érosion-sédimentation et de colonisation par les organismes aquatiques se mettent en place. Un comblement inéluctable se produira sur les lônes remises en eau, mais pas avant plusieurs décennies.
Le suivi scientifique avant et après restauration du Rhône, mené par la ZABR (Zone Atelier Bassin du Rhône qui rassemble 14 établissements de recherche), est exceptionnel à l’échelle internationale par sa durée, son ampleur et sa cohérence. Il permettra d’élaborer et de tester des stratégies de gestion du fleuve Rhône à long terme.