Inondations

Le bassin rhôdanien couvre 3000 km2 ... à surveiller constamment

800 témoins de la colère du fleuve

Simple trait sur un mur souligné d'une date ou bel édifice en pierre gravé avec soin, les repères de crue ont tous le même but : matérialiser les plus hautes eaux d'une inondation donnée et la date de sa survenance.

De la frontière suisse à la mer, près de 800 inscriptions témoignent ainsi des accès de colère du fleuve, dont 60 % en Rhône-Alpes. C'est grâce au recensement lancé dès 2008 par l'association Territoire Rhône à la de-mande des partenaires du Plan Rhône, que l'on en sait un peu plus sur ces bornes, panneaux et autres plaques métalliques posés sur les rives du fleuve. «Nous nous sommes appuyés sur l'ensemble des acteurs, témoigne Elodie Grassot, qui a dirigé ce recensement. Les communes ont été très mobilisées. 75 % d'entre elles ont répondu à notre enquête, nous permettant de retrouver plus de la moitié des repères. Quelques associations, l'Etat, la CNR et certaines structures de bassin nous ont aussi apporté leur contribution.» Ainsi apprend-on sur le site de l'association que le plus ancien d'entre eux, en pierre gravée, a été posé en 1616, sur le haut Rhône à Seyssel (Ain), qu'une zone comprise entre Feyzin (Rhône) et Saint-Rambert d'Albon (Drôme) compte près de 200 inscriptions sur seulement 60 kilomètres, ou encore que la dernière crue remarquable du Rhône date de 2003.

Et si tous les repères de crue n'offrent pas la même garantie de fiabilité, on sait que, désormais, les maires ont obligation de les inventorier, de les protéger et d'en mettre en place de nouveau à chaque débordement du fleuve. Ils bénéficient pour cela d'un ma-caron officiel créé nationalement, portant la mention Plus Hautes Eaux Connues (PHEC). Plus que jamais, ces outils de gestion des inondations ont l'assurance d'être considérés aussi comme des objets précieux du patrimoine rhodanien.

Prévenir les risques

L'Union européenne et la Région : les inondationsJules Michelet, le célèbre historien du 19ème, avait bien souligné « la terrible impétuosité du Rhône qui tombe comme un taureau échappé des Alpes, perce un lac de dix-huit lieues, et vole à la mer en mordant ses rivages ». Moins poétiques sont les cicatrices des inondations qui meurtrissent les riverains et les terres alentours.

Les travaux accomplis depuis près de quatre-vingts ans, notamment par la CNR, ont permis de capter l'énergie du fleuve, de discipliner une part de ses excès. Mais, même canalisé, il n'en garde pas moins sa violence. Les crues de ces dernières années ont engendré des catastrophes lourdes en vies humaines et en dégâts matériels.

Partant d'une solidarité amont/aval, c'est un plan d'ensemble de prévention et de réduction des risques qui s'élabore, conjuguant tout à la fois le traitement des affluents, le renforcement des digues et la création de zones d'expansion.

Mieux gérer les inondations, réduire la vulnérabilité, mieux vivre le risque, concilier prévention des inondations et pression du développement urbain se construisent au quotidien. La toute nouvelle Base de données topographiques Rhône permet de disposer sur les 3000 km2 du bassin rhodanien d'un superbe outil de connaissance, homogène et d'une grande précision, pour les collectivités.