Les skis Rossignol

Chiffres-clés

Plus de 50 millions de paires de skis ont été produites depuis l'origine du groupe.

850 000 paires sortent de ses usines, sous la marque Rossignol ou Dynastar.
Le groupe, qui produit aussi des skis de fond et biathlon, des fixations et des chaussures, prévoit de réaliser cette année un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros.

Vers un ski écolo ?

Avec ses matériaux divers et imbriqués, le ski est très difficile à recycler. Une filière de broyage existe cependant, pour en faire du combustible de cimenteries. Rossignol vient de faire un premier pas vers des skis éco-conçus, avec une gamme pour femmes en fibres de lin, noyau de peuplier issu de culture contrôlée, semelle faite à 50 % de produits recyclés et consommation d’encre réduite de moitié.

En 1907, dans son atelier, Abel Rossignol, menuisier à Voiron, se lance dans la fabrication de skis, ces planches scandinaves mal adaptées aux pentes alpines. Il cherche, teste plusieurs essences de bois prises en « sandwich », dépose des brevets, notamment pour une structure lamellée collée et se fait un nom.


Suivre l’évolution des skis Rossignol, c’est assister à l’avènement d’une industrie de pointe. « Ces objets sont de drôles de bêtes, commente Bruno Cercley, président actuel du groupe. Aujourd’hui, pour les fabriquer, on manipule des bobines de plastique, de la résine d’époxy ou encore des encres d’imprimerie. Ils doivent pouvoir être fortement sollicités par un gars de 130 kg, même à moins 20 °C ! ».

Si le bois est resté roi jusque dans les années 1960, le métal apparaît alors, talonné par l’association fibre de verre et résine. En 1970, le modèle Strato inaugure une technique de fabrication révolutionnaire : fini l’ébauche, l’usinage, la pose des carres, puis le collage de la semelle ; l’assemblage de tous les composants est désormais réalisé en une seule opération de collage-moulage. Avec sa taille de guêpe, le Strato est « le premier ski à donner l’impression de tourner de lui-même », assure Maurice Woerhlé, ancien directeur de la recherche*. Une évolution qui ouvre les suivantes, toutes destinées à rendre la glisse plus facile.

Un rocker bien cambré

Ainsi, en 1987, le 4S, qui profite des recherches conduites avec des laboratoires industriels et publics de la région, utilise un nouveau système d’absorption des vibrations, amélioré en 1992 sur le 7S. Les skis sont encore droits jusqu’à ce que, dans les années 1980, une nouvelle manière de skier, le carving, les fasse revenir à la taille de guêpe mais assortie de spatules élargies. En 1989, le Bandit de Rossignol, parabolique polyvalent, fait un malheur.
« Aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne ! » lancent les chefs de produits 2011. La nouvelle révolution Rossignol, c’est d’avoir repris l’idée américaine d’allonger le « rocker », le relevé de la spatule, ce qui permet de flotter sur les champs de poudreuse et de pivoter plus facilement, en maintenant un « cambre » classique – la courbe du milieu – préservant une bonne accroche sur les pistes aussi. « Nous le faisions depuis trois ans pour certains modèles. Mais cette année, c’est toute la gamme qui joue sur ces deux éléments, souligne Bruno Cercley. Je pense que le concept rocker va nous porter plusieurs années. »

« La recherche sur le ski dans l’entreprise Rossignol », La revue pour l’histoire du CNRS, 2000.

Bêtes de podium

Les planches au « R » stylisé ont toujours servi de beaux palmarès. Un juste retour des choses pour les athlètes, qui alimentent depuis l’origine les innovations de l’industriel. Ainsi, dès 1937, Émile Allais devient, sur Rossignol, le premier champion du monde ski alpin, à Chamonix–Les Houches. Suivent Henri Oreiller, premier champion olympique français, puis Jean-Claude Killy, Alberto Tomba, Deborah Compagnoni, Adrien Duvillard, Carole Montillet, Lindsey Vonn, Jean- Baptiste Grange…

 

La seule usine de skis en france

Rossignol, propriété depuis 2008 de la société Chartreuse et Mont-Blanc (à capitaux américains et australiens), reste ancrée en Rhône- Alpes. Son siège social international, à Saint-Jean-de-Moirans, près de Grenoble, regroupe les services généraux et, depuis un an, des ateliers de skis de course et de prototypage. Une centaine de personnes y travaillent. Près de 200 autres fabriquent les skis à noyau bois haut de gamme pour la piste et les skis injectés à Sallanches (Haute-Savoie), seule usine de skis en France. En 2009 et 2010, la production des skis junior a été relocalisée de Taïwan à Sallanches, dont les équipes ont un savoir-faire spécifique en injection plastique.
Enfin, Rossignol a installé sa base logistique européenne à Saint-Geoirs, en Isère.