Les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transférées au Panthéon en 1794.
En tout, Jean-Jacques Rousseau a rédigé 28 ouvrages, dont 4 qui sont parus à titre posthume.
Son herbier, réalisé entre 1773 et 1774, comporte au total 175 plantes (ou partie de plantes).
Musique, et chansons, droit, politique, économie, morale, pédagogie, botanique, ethnologie (il en fut, soutiendra Claude Lévi-Strauss, le pionnier, mieux : l'inventeur), physique, chimie bien sûr, sciences naturelles, jardinage, histoire, gastronomie, esthétique, grammaire, géographie, théologie, médecine même, ne serait-ce que par opposition, quel domaine de la pensée comme de l'expérience Rousseau n'aura-t-il abordé ? Aucun, à l'évidence. Et pourtant... Le transformer en quelque insatiable boulimique, ou, ni une ni deux, le réduire à l'image de l'encyclopédiste barricadé derrière ses livres, voire à celle du touche-à-tout de génie, reviendrait à ne pas le comprendre. Jean-Jacques, lequel n'étouffa ni ne renia jamais l'enfant en lui, se contenta d'être je crois un prodigieux amateur. Sensible à l'extrême, beaucoup plus intelligent qu'il ne voulut l'admettre, indéfectiblement amoureux d'une vie dont la société le séparait (c'est cela, l'aliénation, qui le hante, qu'il débusque), cet homme, irréductible à ses propres déterminations, désira tout éprouver, tout connaître du monde s'ouvrant et se fermant sous ses pas.
Philosophe ? Pas vraiment.
Vagabond plutôt. Qui ne posséda rien, ayant tout embrassé.
On chercherait en vain les manques, les oublis. Quant à ses détracteurs, qui volontiers chicanent, cette phrase suffira peut-être à les renvoyer à leurs ténébreuses études : « Considérons d'abord les femmes privées de leur liberté par la tyrannie des hommes et ceux-ci maîtres de toutes choses, car les couronnes, les charges, les emplois, le commandement des armées, tout est entre leurs mains, ils s'en sont emparés dès les premiers temps par je ne sais quel droit naturel que je n'ai jamais bien pu comprendre et qui pourrait bien n'avoir d'autre fondement que la force majeure ».
Lionel Bourg, écrivain stéphanois, vient d'achever l'écriture d'un récit sur les pas de Rousseau en Rhône-Alpes. Parution prévue début 2012 (édition La Fosse aux Ours).