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Une charte pour la filière bois énergie

Propriétaires, exploitants de chauffage, offices publics d'aménagement, collectivités... les partenaires gravitant autour du chauffage au bois ont signé la première charte bois énergie de Rhône-Alpes et ont créé le comité bois énergie. L'objectif est d'optimiser et préserver la ressource et de proposer une vision commune de l'évolution de la filière.

Transition énergétique : Rhône-Alpes se mobilise

Ce livret présente toutes les actions menées par la RRA en la matière : plan Climat, lycées écoresponsables, énergies renouvelables, économies d'énergie, rénovation des bâtiments….
Différentes actions complémentaires pour construire un nouveau modèle énergétique plus sobre en énergie.

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La grotte des Sadoux préserve la naissance des chauves-souris

Cet été, entre pins et falaises, douze professionnels et bénévoles ont radiopisté chaque nuit des chauves-souris aux abords de la grotte des Sadoux, à Pradelle, au sud-est de la Drôme.
« Nous avons équipé cinq animaux avec des radio-émetteurs, explique Stéphane Vincent, chercheur de la Ligue de protection des oiseaux qui pilote l’opération. Puis nous nous sommes répartis en équipes de deux ou trois, munies de capteurs, dans un rayon de 20 km. Le but est de voir où elles vont s’alimenter, pour connaître et préserver leur territoire de vie ».

Protégée par une grille depuis 1990, la grotte des Sadoux est le cœur d’une réserve naturelle régionale depuis 2010. Cette « grotte chaude », orientée au sud et perchée à 840 m d’altitude, est en effet un lieu stratégique pour au moins deux espèces de chauve-souris cavernicoles : les petits murins et les minioptères de Schreibers. Leurs femelles mettent au monde leurs petits dans cette cavité de 300 m de long.

« Les minioptères, qui sont 2 à 3000 individus en ce moment dans cette grotte, se nourrissent de papillons de nuit dans la forêt, relève Stéphane Vincent. Les petit murins, qui, eux, sont entre 6 et 800, chassent plutôt des sauterelles dans les prés. Or ce territoire est en grosse déprise agricole. Il y a de moins en moins d’agriculteurs et d’élevage. La forêt gagne du terrain sur la prairie ».

Et c’est là que la science des animaux contribue à un aménagement du territoire qui favorise à la fois l’homme -en maintenant l’agriculture- et la biodiversité. Ainsi, à proximité de la grotte, 25 hectares de pelouses ont réinvestis l’été dernier par les chevaux d’un agriculteur et, donc, les sauterelles : une aubaine pour les petits murins.

La chauve-souris : une alliée à protéger

La chauve-souris -ou chiroptère, littéralement « qui vole avec les mains », a longtemps été persécutée et redoutée comme une force du mal. Or, ce mammifère dont on recense 900 espèces dans le monde (et seulement trois « vampires », en Amérique du Sud, qui se contentent de  prélever quelques gouttes de sang dans le bétail) est tout le contraire : une alliée.
Essentiellement insectivore en Europe, elle dévore par exemple les moustiques (une pipistrelle peut ainsi en consommer jusqu’à 600 par nuit), et les nuisibles du potager. A l’instar de la coccinelle, elle est une véritable « auxiliaire de l’agriculture ».

Vers une réserve en réseau

Comme l’explique Stéphane Vincent, les acteurs de la protection de la nature pensent « à créer une réserve naturelle en réseau, pour mieux relier les sites, où les chauves-souris migrent au fil de l’année. Dans la Drôme, par exemple, ils sont jusqu’à 13 000 individus en hiver dans la grotte de Saou, à une vingtaine de kilomètres de la grotte des Sadoux ».
Pour ce spécialiste, une réserve en réseau, avec des corridors intersites, peut permettre de mieux coordonner la préservation des espèces. Il y a 34 espèces de chauves-souris en France. La fragmentation des territoires, avec des routes, par exemple, est une des grandes menaces pour elles, comme la réduction de leurs ressources alimentaires, de leurs gîtes, notamment.

Une année de migration

En France, les chauves-souris -qui vivent entre 7 et 30 ans- ont un cycle de vie annuel très rodé et déménagent en fonction de leur activité. L’automne, mâles et femelles s’accouplent dans un lieu de transit, pas facile à déterminer. Puis la plupart se retrouvent dans un site d’hibernation protégé -arbres creux ou fissures dans la terre, grottes ou anciennes mines, selon les espèces.
Après l’accouplement automnal, les processus d’ovulation et de gestation sont gelés pendant six mois, reportés au printemps, quand les femelles sortent de leur antre hivernal. Cette phase est aussi une intense période de chasse (il leur faut reprendre du poids). Puis, de mai à septembre, les femelles se regroupent en colonies de « mise bas », des crèches (comme la grotte des Sadoux) où la température atteint 40 à 45°. Les mâles, à ce moment-là, vivent à l’écart. Les petits sont émancipés après trois à six semaines.

Les Sadoux : quelle protection?

D’abord inscrite en 1998 en zone Natura 2000 (sur 1300 hectares), la grotte des Sadoux est classée « réserve naturelle régionale », au sein d’une parcelle de 30 hectares, depuis 2010. Ce classement, motivé en grande partie par la présence des chauves-souris- apporte une protection pour toute la faune et la flore. Cela induit un plan de gestion sur six ans, une possibilité de police et des crédits, avec des financements de l’Etat et de la Région pour des études, des actions de protection mais aussi l’information du public.

2 listes rouges des espèces menacées

La liste des espèces menacées sont validées par des autorités scientifiques. En région Rhône-Alpes, il en existe deux : celle des vertébrés terrestres et celle des odonates (libellules).

La Ligue de Protection des Oiseaux a créé la liste des vertébrés terrestres : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères, en 2008, mise à jour en 2015.

Le groupe Sympetrum a établi la liste des odonates, les libellules en 2014.

Toutes sont validées par l'Union Internationale pour la conservation de la nature (qui a créé les listes rouges) et par le conseil scientifique régional de protection de la nature.
Une espèce est considérée comme menacée selon plusieurs critères : l'évolution des populations, leur fragmentation, leur densité, sa répartition sur le territoire, avant d'être classée par niveau de menace.

Sans aucune valeur juridique, ces listes sont des outils de connaissances. Elles permettent de faire un état des lieux de la faune et d'identifier les dangers qui pèsent sur les es-pèces. Mais elles servent surtout aux associations et collectivités à mettre en place des actions de préservation.

« Nous travaillons avec ERDF et RTE pour les aider à limiter l'impact de leurs lignes électriques sur ces populations d'oiseaux », détaille Julien Girard Claudon, de LPO Rhône-Alpes.

Un tiers des vertébrés recensés par LPO subit les conséquences de l'agriculture et de l'urbanisation. 30% des espèces d'odonates le sont également : « Le réchauffement climatique est leur première menace », développe Cyrille Deliry, coordinateur de la liste. « Les milieux changent, les libellules se déplacent mais les populations régressent », conclut-il.

Menace sur la flore

Narcissus dubius et Anacamptis laxiflora sont en danger. Le "narcisse douteux", une fleur à pétales blancs, et l'orchidée des prairies humides font en effet partie des espèces de Rhône-Alpes placées sur la liste rouge établie par les conservatoires botaniques nationaux des Alpes et du massif central.

En Rhône-Alpes, 23 % des espèces sont menacées, notamment par la croissance des villes, par l'agriculture intensive et l'utilisation des pesticides qui en découle.

La situation est alarmante car la région compte sur ses terres 4137 espèces différentes, soit environ 60 à 75 % de la flore de la France métropolitaine.
Les listes rouges mises en place par l'Union mondiale pour la conservation de la nature permettent d'évaluer les risques d'extinction des variétés. Afin d'enrayer ce phénomène, il est souhaitable que les plans locaux d'urbanisme prennent en compte ces listes (disponibles sur www.pifh.fr ) et que les systèmes de compensation aux atteintes au patrimoine naturel soient améliorés.
La sonnette d'alarme est donc tirée car, en ce qui concerne Anacamptis laxiflora,par exemple, elle semble déjà avoir disparu des prairies de Haute-Savoie...