Le sac à dos Millet

Sacs, duvets, cordes, chaussons d’escalade…

En 1977, l’entreprise Millet se diversifie avec une gamme de duvets et la première parka Gore-Tex. L’entreprise se lance alors dans le vêtement d’altitude, de randonnée et de ski. En 1996,
elle se spécialise aussi dans les cordes d’escalade et de montagne avec le rachat de Rivory, un des leaders du marché, puis en 1998 dans le chausson d’escalade avec l’absorption de One sport.

 

Éric Favret, président de la Compagnie des guides de Chamonix « Depuis deux ans, Millet est le fournisseur officiel de la Compagnie de guides pour le textile et les sacs à dos et nous travaillons en bonne osmose avec l’équipe. Le sac à dos est évidemment un outil de travail important : toute l’année, nous le portons sur notre dos plusieurs heures par jour.
Un sac efficace ne signifie pas un produit avec plein d’accessoires.
Sa légèreté, son ergonomie et sa robustesse font la différence. Depuis un an, nous testons le modèle ultralight 30 litres, un sac polyvalent que nous avons utilisé hiver comme été pour toutes nos
pratiques. Tous les guides de la Compagnie le portent, c’est un signe qui ne trompe pas ! Et puis Millet, ça nous parle, le sac de l’Annapurna est une vraie légende ! »

Une famille de passionnés de montagne est à l’origine d’une véritable légende. Employé des toiles cirées Maréchal, Marc Millet fonde avec sa femme une entreprise de sacs à provisions et de musettes dans la banlieue lyonnaise. Ils déménagent rapidement à Annecy et se lancent dans la fabrication de sacs à dos.

À la mort du fondateur en 1937, sa femme et leurs deux fils, René et Raymond, poursuivent l’aventure en fournissant des sacs à dos aux résistants. À la sortie de la guerre, René, membre du Club alpin français, rencontre un jeune alpiniste, Louis Lachenal. Millet équipe alors les premières expéditions françaises sur l’Himalaya, dont l’ascension de l’Annapurna, en juin 1950, le premier 8 000 au monde.

La réputation de spécialiste de l’alpinisme

Dix ans plus tard, le sac à dos se démocratise avec l’abandon du coton pour des nouveaux matériaux comme le nylon, plus léger et imperméable. Les frères Millet déposent, en 1964, un brevet de bretelles révolutionnaires, rembourrées de mousse et sans couture. « Cette époque est marquée par les exploits sportifs avec Walter Bonatti, René Desmaison, Reinhold Messner, Patrick Edlinger et le développement des pratiques sportives pour tous », explique Philippe Vernerey, responsable du bureau d’études, également montagnard chevronné.
Toujours à l’écoute des utilisateurs, les concepteurs s’associent à des spécialistes pour augmenter les performances de leurs sacs : « Nous améliorons la qualité du portage, les fonctionnalités et les matières. Sur un sac de trekking ou de randonnée, les hanches doivent supporter 70 % du poids, pas les épaules. Pour l’escalade, le portage se fait plus près du dos, le sac ne comporte aucune poche extérieure pour ne pas risquer de s’accrocher et la ceinture est parfois amovible pour mieux accéder au harnais. »

70 % du poids portés sur les hanches

Porte-skis, poches pour le matériel, les crampons, le piolet, les peaux de phoque, ouverture facile en bas du sac et sur la ceinture, dos ventilé pour l’été, résistance à la déchirure, volume, couleur, tous les détails sont sujets à innovation.

« En ce moment, le fast hikking, une pratique de randonnée rapide, a conduit l’entreprise à développer une gamme de sacs plus petits, ultralégers, de moins d’un kilo », précise Patrice Folliet, le directeur du marketing. Tout est repensé dans les moindres détails pour coller à la pratique de ses clients qui le lui rendent bien.

L’entreprise a ouvert un blog et les internautes viennent y relater leurs aventures : car si le sac à dos se porte sur les épaules, il s’accroche aussi au coeur.« Un sportif a calculé que son Millet avait parcouru 277 000 mètres de dénivelé. Un autre a transporté un bébé chamois en perdition jusqu’à une bergerie d’alpage, témoigne Patrice Folliet. Un Millet est forcément lié à des émotions fortes »

Un sac toujours conçu à Annecy

En juin, le bureau d’études et son atelier de couture, au siège de Millet à Annecy-le-Vieux, met au point la nouvelle collection de l’été suivent. Chaque saison, environ 30 % de la collection est renouvelée. Au total, près d’un millier de modèles sont sortis des usines, d’abord dans les Alpes, puis dans le Maghreb et ensuite en Asie au Vietnam. Depuis 1995, c’est désormais en Chine à Nanjing (Nankin) que le groupe Lafuma, dont fait partie Millet, a ouvert sa propre usine. Un sac compte environ 500 pièces qui sont assemblées pratiquement toutes à la main.