L'aspirine

La marque Aspirine Usines du Rhône® est déposée par la Société chimique des usines du Rhône en 1915.
Elle a été rachetée depuis par le groupe Bayer, qui la commercialise toujours.

L’aspirine est, avec la vitamine C, le médicament le plus consommé dans le monde. Un Français en absorbe en moyenne 60 comprimés par an.

Au parfum

L’acide acétylsalicylique a de nombreuses applications, industrielles notamment. En particulier, il entre dans la composition d’arômes et de fragrances, de baumes et de crèmes cosmétiques.

Des tranchées à la lune

Intégrée dans le paquetage des soldats français envoyés au front pendant la Première Guerre mondiale, l’aspirine était également dans la poche de Neil Armstrong lors de sa première marche
sur la lune.

Une poudre produite en Rhône-Alpes

Près d’un cachet d’aspirine sur trois consommés dans le monde est fabriqué à partir de poudre produite en Rhône-Alpes.
À plus de cent ans, cette molécule reste l’un des médicaments les plus populaires, paré de nouvelles vertus thérapeutiques.

L’histoire de l’aspirine remonte à plus de quatre mille ans. Les Sumériens utilisaient déjà des feuilles de saule contre les maux de tête. Quelques siècles plus tard, le célèbre médecin grec Hippocrate prescrivait des fumigations et des tisanes de saule blanc pour faire baisser la fièvre, traiter les rhumatismes ou atténuer les douleurs de l’accouchement.

Mais il faut attendre le XIXe siècle pour que soient extraits de l’écorce de saule des cristaux jaunes : la salicyline, qui provient du nom de cet arbre, Salix. Deux Allemands et un pharmacien français, Pierre-Joseph Leroux, améliorent tour à tour ce procédé d’extraction. La synthèse de la substance chimique, base de l’aspirine, est réalisée en 1853 par un jeune chimiste strasbourgeois, Charles-Frédéric Gerhardt, qui « meurt avant d’avoir pu démontrer les propriétés antalgiques et antipyrétiques de l’acide acétylsalicylique », écrit Patrice Queneau, professeur de thérapeutique à la faculté de médecine de Saint-Étienne.

C’est finalement un jeune chimiste allemand de la société Bayer, Félix Hoffmann, qui découvre le médicament en 1897 et trouve une méthode simple pour le produire. En 1899, l’Aspirin® est lancé par le groupe allemand. En 1908, il est commercialisé en France sous le nom de « Rhodine » par la Société chimique des usines du Rhône. Elle en produit près de 69 000 kg en 1918, soit 28 000 tubes de vingt comprimés par jour. En 1919, la marque tombe dans le domaine public, à la suite d’une clause du traité de Versailles signé après la Première Guerre mondiale.

L’atelier Rhodine est toujours en activité à Saint-Fons, près de Lyon. Le groupe Rhodia l’a cédé en 2010 à Novacap, avec d’autres actifs de cet « arbre produit », selon l’expression de Pierre Luzeau, patron de ce groupe chimique lyonnais, devenu ainsi leader mondial de la matière active à la base de l’aspirine. L’acide acétylsalicylique est fabriqué dans ses usines de Roussillon (Isère) et de Paulinia (Brésil) puis transformé en poudre d’aspirine dans les unités de Saint-Fons et Bangpoo (Thaïlande).

À cent ans, ce produit, en croissance sur les marchés asiatiques, connaît un regain d’intérêt thérapeutique. Ses vertus pour fluidifier le sang et prévenir certains cancers, notamment celui du côlon, sont reconnues par des publications scientifiques récentes. La vitalité de ce produit et de ses dérivés permet à Pierre Luzeau d’envisager de « développer de façon sensible cette activité, y compris avec de nouvelles installations en Rhône-Alpes ». De nouveaux investissements seront annoncés fin 2012, début 2013.

Un groupe lyonnais leader mondial

À Saint-Fons, Novacap fournit en poudre d’aspirine les plus grands groupes pharmaceutiques et fabricants de médicaments génériques dans le monde, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Face à la concurrence chinoise et indienne, le groupe lyonnais mise sur la qualité, sur une technologie de pointe et sur la régularité de ses livraisons.
Ses produits sont homologués par l’agence française du médicament et son équivalent américain, la FDA (Food and Drug Administration). des chimistes, pas des pharmaciens », souligne le PDG de Novacap, Pierre Luzeau, qui a dans son portefeuille d’autres produits de la vie de tous les jours comme le bicarbonate de soude ou l’acétone… utilisés en pharmacie, mais aussi dans
le traitement de l’eau, de fumées d’incinérateurs, en alimentation et en nutrition animale.