Tour de France : 100ème édition

Le Tour de France 2013 en chiffres

Du 29 juin au 21 juillet
21 étapes
3 360 kilomètres
6 étapes de montagne
4 arrivées en altitude

Créé en 1903, le Tour a été interrompu pendant les deux guerres mondiales, entre 1915 et 1918, puis entre 1940 et 1946.

En savoir plus

Le Tour de France pour les Nuls - Jean-Paul Vespini - First Editions (2013)
Tour de France nostalgie - Christian Laborde - Hors Collection (2012)
Le nez à la fenêtre - Jean-Noël Blanc - Editions Joëlle Losfeld (2009)

Embuscade au col de la République

Le Tour de France a bien failli s'arrêter sur la route du col de la République au-dessus de Saint-Etienne en 1904. Lors de la deuxième étape de la seconde édition, une véritable embuscade est tendue à Maurice Garin. Après le passage du régional de l'étape, Alfred Faure, et de Lucien Pothier, des spectateurs armés de bâtons, se ruent sur leurs poursuivants, les blessent à coups de pierres. « Ce sont les coups de revolvers des organisateurs qui font fuir ces assaillants sans pitié », raconte Jean-Paul Vespini. D'autres incidents émaillent ce second Tour de France à Nîmes et à Marseille faisant écrire à Charles Ravaud dans le magazine Le Vélo que « le Tour de France 1904 constitue la plus grande plaisanterie sportive du siècle ».

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Tour de force

Article paru dans le numéro 29 / Eté 2013 du Journal Rhône-Alpes

En Rhône-Alpes, il a ses étapes mythiques, comme l'Alpe d'Huez, le Galibier ou le col de Porte. Il a ses légendes et ses rites, ses cyclistes régionaux comme Thierry Claveyrolat, Charly Mottet, Roger Rivière dont la carrière s'arrêta après une chute... Pour sa centième édition, le Tour fait halte dans les Bauges.

« Le Tour de France, c'est le père Noël en été. » Plutôt que cette formule de Louis Nucera, Jean-Noël Blanc, autre écrivain épris de petite reine, préfère qualifier la plus ancienne des courses cyclistes de « gros roman de l'été ». Avec des histoires d'amour et de haine, des méchants et des bons « qui ne gagnent pas toujours », des tricheurs, des salauds et des traitres. « Au début, on s'ennuie un peu. Mais, petit à petit, on entre dans l'histoire, on s'attache aux personnages », évoque l'auteur du Nez à la fenêtre, roman qui alterne le récit d'une grande étape du Tour de France vécue par un coureur échappé et ses souvenirs d'enfance.
Parmi les personnages de la légende du Tour, des régionaux de l'étape comme Thierry Claveyrolat, « la Puce de Vizille », meilleur grimpeur en 1990, Charly Mottet de Saint-Jean-en-Royans qui porta le maillot jaune pendant sept jours en 1987, Henry Anglade, retiré dans le Beaujolais, lauréat du premier titre de coureur le plus élégant en 1959, ou des sans grade comme Pierre Rivory, qui fut du peloton en 1971. Sans oublier Roger Rivière, promis à une brillante carrière et dont le destin se fracassa dans la descente du col du Perjuret en 1960.

Hinault ensanglanté

Le Tour a ses rites et son folklore. Radio Tour égrène consciencieusement les faits de course, les écarts entre les coureurs. La caravane du Tour et sa ribambelle de voitures objets font depuis 1930 les délices des petits et grands amassés au long du parcours. La voiture balai, et son cortège de souffrances, recueille les éclopés de la grande boucle. « Symboliquement, c'est terrible. Le dossard de celui qui abandonne est décroché : c'est comme si on le dégradait », observe Jean-Noël Blanc, qui se souvient aussi du visage ensanglanté de Bernard Hinault après une cabriole avant la ligne d'arrivée à Saint-Etienne.
Avec la télévision, le tour est devenu une leçon d'histoire et de géographie. Grandeur nature. Une page de publicité touristique en mondovision pendant trois semaines. Les stations de ski ne s'y sont pas trompées : elles ont su tirer profit d'arrivées au sommet dans le sillage de la première d'entre elles, à L'Alpe d'Huez en 1952. Depuis, les vingt et un virages de cette ascension ont été numérotés par ordre décroissant, avec le nom des vainqueurs de cette étape, tels Fausto Coppi, Bernard Hinault, Laurent Fignon, Marco Pantani qui détient le record de la montée en 36 minutes 50 secondes.

Le col de Porte, « une abominable côte de 18km »

Parmi tous ces cols qui font et défont les réputations, figurent hors catégorie le Galibier (2 641 m). « Dans le Galibier, tous les grimpeurs se hissent : seul le grimpeur se hausse, écrit Christian Laborde. Ce qu'il accomplit relève du merveilleux. » En particulier « l'ange de la montagne » Charly Gaul, « l'aigle de Tolède » Federico Bahamontès ou « le pirate » Pantani qui l'escalade sous une pluie battante en 1998. A Pra Loup, le 13 juillet 1975, Bernard Thévenet fait tomber de son piédestal Eddy Merckx, lui prend le maillot jaune. Le lendemain, il consolide son avance sur l'ogre belge en s'échappant dans le col de l'Izoard.
D'autres sommets ont marqué l'histoire : le Pin Bouchain, le premier vrai col à avoir été franchi lors du premier tour de France en 1903, le col de Porte et la côte de Laffrey inscrits au premier grand prix de la montagne institué en 1908. L'année précédente, dans le col de Porte, les deux hommes de tête avaient décidé d'un commun accord de s'arrêter pour s'abreuver à une source avant de partir « tantôt à pied, tantôt à vélo » pour terminer leur ascension.
A propos de cette étape, Henri Desgrange, le premier patron du Tour, écrit dans L'Auto : « Au col de Porte j'ai vécu là les émotions les plus cruellement intenses de ma carrière, devant l'effort de ces hommes sur cette abominable côte de 18 km, d'un pourcentage effroyable, devant les prodiges d'énergie qu'ils ont accomplis, devant les râles d'angoisse qu'ils ont poussés, devant l'affalement de certains sur le bord de la route, à bout de forces ( ...) J'ai senti comme un véritable remords et j'ai eu peur, très peur, d'avoir dépassé la limite. »
Des limites qui poussent à se doper. « Par rapport au dopage, je crois que plus personne n'est dupe, observe Jean-Noël Blanc. Mais le côté romanesque l'emporte. On est toujours déçu et triste à la dernière étape », quand le Tour est bouclé.

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Les Bauges ont mis le grand braquet

Les Bauges vivent trois étapes du Tour en 2013 : deux étapes officielles, dont une boucle intégralement tracée dans le Parc naturel régional à la veille de l'arrivée finale, et une course singulière, l'Etape du tour. Organisée chaque année, cette épreuve cyclo-sportive chronométrée emprunte une étape dans les mêmes conditions que les professionnels, quelques jours auparavant. Elle a eu lieu le 7 juillet entre Annecy et le col de Semnoz. Plus de 12 000 participants étaient attendus au départ de ces 125 km.
Au Chatelard, au siège du parc, on s'active depuis le mois de novembre à la préparation de ce triple rendez-vous. Les techniciens du PNR ont donné un avis sur le tracé, fait des propositions « pour limiter l'impact sur les milieux, notamment sur les zones Natura 2000 traversées, explique Guillaume Richelot, chargé de mission pour les sports de nature, cycliste à ses heures. On a fait des préconisations pour éviter les piétinements de pelouses sèches, de talus d'orchidées ». Un road book d'une trentaine de pages a été transmis aux équipes de télévision. Il contient des informations sur les éléments patrimoniaux, architecturaux, culturels, naturels remarquables qui permettront d'illustrer la retransmission de l'étape. En partenariat avec les offices de tourisme, le parc planche sur des animations visuelles. Sans révéler de secrets qui seront dévoilés le 20 juillet, des œuvres de land art seront créées à partir de deux cent seize bidons de lait. Le Parc des Bauges veut profiter de cette opération de promotion pour pérenniser le parcours de l'avant-dernière étape du Tour de France du centenaire et vendre le tour des Bauges à vélo. En quatre étapes de 40 km chacune, il est possible de découvrir le piémont du parc entre Annecy, Albertville, Montmélian et Aix-les-Bains, sans difficulté, en famille. Un guide sera édité à cette occasion, une application pourra être téléchargée comprenant tous les points d'intérêt et d'hébergement sur le parcours.