Handicap International

Des salariés et des bénévoles

Handicap International emploie près de 3500 habitants dans les pays où elle intervient, 311 personnes expatriées et 316 permanentes des sièges (associations nationales et fédération).
En France, cela représente 54 équivalents temps plein. Il faut y ajouter l'action de plus de 200 bénévoles réguliers et 2000 ponctuels.

Ressources privées et publiques

En 2011, les ressources de la fédération s’établissaient à environ 130 millions d’euros. Près de la moitié provient de la générosité du public, et l’autre d’aides publiques. " En France, la Région Rhône-Alpes estnotre second bailleur de fonds après l’Etat, assure Jean-Marc Boivin. Et nous avons avec ses représentants de vrais échanges, comme sur la durabilité des projets ou le développement de la société civile des pays où nous intervenons".  

Kit Plio : facile et utile

Handicap International évite aux parents et aux enfants la corvée de couverture des livres et des cahiers, en diffusant le Kit Plio: un ensemble de dix protections et d’étiquettes. Conditionnés par des salariés handicapés travaillant en Etablissement et service d’aide par le travail (Esat), ce kit rapporte 1 € l’unité à Handicap International (sur 5 €).

Trente ans d’idéal en actions

ONG créée par des médecins lyonnais en 1982, Handicap International intervient aujourd’hui dans soixante pays auprès des personnes handicapées, les plus vulnérables. Elle se bat aussi, avec succès, contre les armes de guerre.

14 avenue Berthelot, à Lyon. L’adresse est symbolique. Le siège de la Fédération Handicap International est installé dans les mêmes bâtiments que le Centre d’histoire 4 de la résistance et de la déportation. Pour une organisation engagée au service des plus vulnérables et en lutte contre les effets dévastateurs des conflits, c’est presque une évidence. A deux pas, l’association Handicap International France détient une responsabilité particulière dans cette fédération : elle porte la mémoire de ses origines. L’histoire commence en 1982. Deux Lyonnais, Jean-Baptiste Richardier, médecin obstétricien, et son épouse, viennent de vivre une expérience cruciale en Thaïlande, auprès des victimes du conflit entre les Khmers rouges et le Vietnam. Ils décident de lancer, au Cambodge, « l’opération handicap internationale », qui devient l’ONG Handicap International. Le médecin entraîne avec lui son beau-frère et confrère généraliste, Jean-Luc Simmonot. « Rapidement, des kinés et des orthoprothésistes de Rhône-Alpes et d’ailleurs les ont rejoints », raconte Jean-Marc Boivin, directeur d’Handicap International France. D’emblée, ils se fixent une mission spécifique : répondre aux besoins de base et appareiller les 6 000 personnes amputées risquant d’être délaissées parmi 3 millions de réfugiés. L’année suivante, l’équipe reprend du service auprès des Laotiens blessés par les bombes américaines. En 1984, l’association ouvre un atelier d’appareillage en Angola, en guerre. Puis, une terrible éruption volcanique provoque une coulée de boue, à Arméro, en Colombie…

Quatre « voltigeurs » sur le qui-vive.

Depuis, chaque année apporte son lot de guerres, de catastrophes naturelles, d’épidémies : quatre « voltigeurs » sont en permanence prêts à partir dès les soixante-douze premières heures d’une crise. Plus tard, arrivent des kinés, des ergothérapeutes, des orthoprothésistes, des psychologues, des travailleurs sociaux, des logisticiens, des démineurs… Ils se relaient ensuite pendant des années. L’ONG a ainsi, encore aujourd’hui, un bureau opérationnel au Cambodge. « A Haïti, nous resterons au moins cinq ans auprès des victimes du séisme de 2010, précise Jean-Marc Boivin. Nous sommes des urgentistes engagés dans le développement. » Ce qui implique de former des appareilleurs de base, c’est-à-dire d’apprendre aux habitants à fabriquer des prothèses avec les moyens du bord, puis à rééduquer les personnes. Il s’agit aussi de veiller à ce que les logements reconstruits soient adaptés, que les routes et les ponts permettent l’accès aux populations les plus isolées, que les femmes handicapées apprennent à se défendre des viols. Les organisations locales de personnes handicapées, mais également les États eux-mêmes font appel à l’ONG. Le Burkina-Faso, par exemple, a demandé des conseils pour l’intégration scolaire des enfants handicapés, tandis que la Tunisie a sollicité un appui logistique afin que tous les citoyens puissent voter. Depuis trente ans, Handicap International reste fidèle à sa «révolte fondatrice », selon les termes de Jean-Baptiste Richardier, en militant contre les armes qui mutilent encore après la guerre. « La première campagne contre les mines antipersonnel remonte à 1992, se souvient Jean-Marc Boivin. Mais en 1997, nous avons obtenu leur interdiction… et le prix Nobel de la paix pour cela ! Quant à notre succès suivant, en 2008, contre les bombes à sous munitions (BASM), personne ne s’y attendait, en tout cas pas ceux qui nous voient comme de gentils humanitaires méconnaissant une réalité implacable ! Nous sommes déterminés ! » Handicap International continue à publier les signatures des quelque 2 millions de Français la soutenant, « pour rappeler aux Etats, dont la France, qu’ils se sont engagés à aider les populations victimes de ces armes et à déminer ».

En France aussi

Si l’ONG n’a plus de programme spécifique à la France, elle y édite un journal sur le handicap, Déclic, réalisé à Lyon. Elle a aussi créé l’Observatoire des familles, conservant des témoignages qui servent notamment à des recherches. Enfin, elle est à l’initiative d’échanges et de réflexions sur la vie intime et sexuelle des personnes handicapées.  
Pour adhérer : www.handicap-international.org et 04 78 69 67 00.