L'Antésite

1,5 million de bouteilles

Le succès d’Antésite ne se dément pas. La société vend trois fois plus de bouteilles qu’il y a une quinzaine d’années. Elle progresse de 5 à 6 % en volume par an.

30 salariés.

Les ventes d’Antésite représentent la moitié des 7 millions d’euros de chiffre d’affaires de la société de Voiron qui emploie 30 salariés.

10 à 15 %

C’est la part du chiffre d’affaires que représente l’export d’Antésite. Il se vend en Chine, en Inde, au Qatar... mais pas aux Etats-Unis.

En cuisine également

L’Antésite n’est pas seulement une boisson. C’est aussi un ingrédient culinaire. Quelques gouttes de ce concentré de réglisse se marient fort bien à un foie gras poêlé, à une mousse au chocolat ou à une flambée d’ananas, selon la recette du chef des Terrasses d’Uriage près de Grenoble.

L'Antésite, plus qu'une boisson

Pour de nombreuses générations, c’est le souvenir de quelques gouttes brunes versées dans l’eau, d’une boisson désaltérante, de goûters chez ses grands-parents ou de colonies de vacances. Une madeleine de Proust.

Avec 13 centilitres d’Antésite, on peut aromatiser 60 litres de boisson! Là est le secret durable de cette potion inventée en 1898 par Noël Perrot-Berton, un pharmacien de Voiron, en Isère, passionné par l’ex-traction des plantes et leurs vertus médicinales. Depuis plus d’un siècle, sa recette de base n’a pas changé. Cet édulcorant naturel est un concentré de racines de réglisse et d’anis étoilé dans sa version initiale parfumée. Sans sucre ajouté. Aux vertus cicatrisantes, apaisantes, anti-inflammatoires. Une boisson « anti-soif » selon son nom, dérivé du latin. Facilement transportable, la petite bouteille d’Antésite fut long-temps adoptée par les cheminots pour se désaltérer. Elle reste un produit saisonnier, très prisé dans certains pays chauds, notamment au Maghreb. « Entre les mois de décembre et de juillet, les ventes varient entre 90000 et 300000 unités », observe Adrien Mollard, le jeune directeur général de cette entreprise familiale. D’un été à l’autre, les achats, très « météo-sensibles », peuvent passer du simple au double. En un peu plus d’un siècle, l’Antésite s’est aromatisé, avec les parfums menthe, citron vert, cola ou encore pamplemousse rosé. Il s’est aussi doté d’une gamme énergisante et drainante à la pomme cannelle, à l’eucalyptus pin, au thé vert. Toujours sans renier ses racines, ingrédient essentiel. Celles-ci proviennent aujourd’hui d’Asie du Sud-Est et du Moyen Orient. «On en trouvait auparavant en Europe, en particulier en Russie, explique Adrien Mollard. Mais les conditions climatiques difficiles rejaillissaient sur leur floraison et sur la qualité de l’acide glycyrrhizique ». Car tout l'art de cette panacée consiste à extraire cet acide glycyrrhizique, qui constitue la quintessence de la racine et est utilisé pour d’autres applications en pharmacie, en cosmétologie (pour certaines crèmes) et en agroalimentaire. Tout est effectué à Voiron, de l’extraction au conditionnement et à la recherche d’une nouvelle formulation d’ingrédient aromatique. La société lance un nouveau produit tous les trois à quatre ans pour bien prendre le temps de l’installer dans les rayons des grandes surfaces et dans la mémoire des consommateurs.

Des racines familiales

Adrien Mollard est tombé dans l’Antésite tout petit. Cette formule n’est pas un cliché pour le jeune patron de la société de Voiron, qui entendait ses parents en parler du matin au soir. Après la mort de son beau-père en 2008, il reprend à 27 ans la direction de l’entreprise aux côtés de sa mère et pilote la modernisation de l’outil industriel et le développement de nouveaux produits. En particulier des vins aromatisés sous la marque Noirot rachetée en 1990. « On utilise notre savoir faire pour ce type de vin aromatisé, moins alcoolisé, apprécié à l’apéritif», indique Adrien Mollard. Avec succès. En trois ans, ses ventes ont explosé, et la société en commercialise plus de 600000 bouteilles.