"Au collège, la discrimination est flagrante, même si elle n'est pas intentionnelle. J'ai vu beaucoup de profs décider d'une orientation à la place de leurs élèves qui n'ont fait que suivre ». Théodora Barreau-Montoya, 17 ans, est révoltée de voir aussi les différences d'image entre les élèves de deux filières de son lycée professionnel, Hélène-Boucher à Vénissieux. Malika Saïdi, professeur d'anglais, confirme : « Ceux de la section hygiène-environnement sont dévalorisés par rapport à ceux d'hôtellerie-restauration. Je le constate jusque dans le regard que certaines filles portent sur elles-mêmes, banalisant des violences dont elles sont victimes ». Un autre élève, Jean-Alexandre Pouchoy, s'indigne que « dans notre pays, dit des droits de l'Homme », un de ses amis « de couleur » ait été refusé pour un stage en entreprise, « alors que son CV avait été accepté ». Ces trois « révoltés » ont participé, en 2007, aux réunions organisées à la Région, pour rédiger une Charte de lutte contre les discriminations et pour l'égalité de traitement. Issus des Rencontres régionales de la jeunesse, les groupes de travail thématiques ont porté sur les thèmatiques suivante : Emploi-formation, logement des jeunes, transports-équipements, santé, loisirs-sport-culture. Ces travaux ont permis d'élaborer le rapport soumis au vote des élus. Il s'agit d'affirmer désormais l'engagement régional et de lancer un plan d'actions pour essaimer...
Depuis, Théodora a adhéré à l'association militante Arcad, rencontrée lors de ces réunions. Avec Jean-Alexandre et Malika Saïdi, elle mobilise tout son lycée pour élaborer une charte propre à l'établissement. « C'est peut-être un rêve fou, conclut Jean-Alexandre, mais on espère changer le monde ! ».